
La Steam Deck vient de franchir un cap technique modeste, mais bien réel : un jeu PlayStation 5 a démarré en émulation directement sous SteamOS. Le résultat reste extrêmement brut, avec seulement 0,5 à 1 image par seconde sur Astro’s Playroom.
La démonstration provient de l’utilisateur Ihc160 et a été relayée par BrutalSam, qui suit régulièrement les avancées de SharpEmu. La vidéo montre une exécution locale sur la machine de Valve, et non un flux Remote Play ou du cloud gaming.
Émulation PS5 sur Steam Deck : un démarrage, pas encore un jeu jouable
Dans l’état actuel, parler de jeu jouable serait excessif. SharpEmu parvient à afficher la séquence PlayStation Studios puis l’écran de chargement d’Astro’s Playroom, mais la démonstration n’atteint pas réellement le gameplay.
Il s’agit donc d’un test de compatibilité plus que d’une preuve de jouabilité. Le jalon reste intéressant, car il confirme qu’un premier titre PS5 peut désormais booter en local sur l’APU x86 de la Steam Deck.
SharpEmu progresse d’abord sur l’infrastructure
SharpEmu est développé en C# et réécrit intégralement depuis zéro. L’émulateur prend en charge Windows, Linux et macOS, avec une sortie Vulkan sous Linux, ce qui lui permet de fonctionner nativement sur la Steam Deck x86.
Les développeurs indiquent que le projet vise d’abord la précision et les fondations de l’émulateur, avant l’optimisation de jeux individuels. Ce positionnement explique le niveau de performances observé aujourd’hui.
Le projet est suivi depuis ses premiers tests de compatibilité PS5 le mois dernier. SharpEmu a déjà démarré des titres comme Astro Bot sur PC, tandis que l’émulateur concurrent KytyPS5 a avancé davantage sur certains jeux 3D. SharpEmu est devenu un projet open source communautaire en juillet.
Si vous suivez l’avancée des autres projets du même terrain, la comparaison entre KytyPS5 et SharpEmu montre bien à quel point la course reste ouverte.
Un écart matériel massif avec la PlayStation 5
La Steam Deck combine 4 cœurs Zen 2 et un GPU RDNA 2 de 8 CU. En face, la PlayStation 5 dispose de 8 cœurs Zen 2 et de 36 Compute Units RDNA 2.
L’écart rend très improbable une parité de performances en émulation. La console portable conserve toutefois deux leviers théoriques : une définition d’affichage plus basse et des pilotes personnalisés pouvant activer des techniques de frame generation absentes sur PS5.
Ce type de démonstration rappelle surtout où se situe aujourd’hui l’émulation PS5 : les premiers boots arrivent, mais la phase difficile commence après. Entre la justesse du CPU, la traduction GPU et l’optimisation Vulkan, le simple fait d’atteindre un écran de chargement sur Steam Deck reste déjà un indicateur utile du rythme de progression.
Source : NotebookCheck