
Deux projets actifs d’émulation PlayStation 5 ont basculé vers un développement ouvert à un jour d’intervalle. Pour une scène encore très loin d’une compatibilité large, l’accès public à deux bases de code distinctes change surtout l’échelle du travail possible.
Émulation PS5 : deux bases de code désormais publiques
SharpEmu est passé en projet communautaire le 15 juillet 2026. Le dépôt, le suivi des problèmes et le processus de contribution sont désormais publics sous licence GPL-2.0, avec déjà des modifications intégrées en provenance de plusieurs contributeurs externes.

KytyPS5 a suivi le 16 juillet avec sa première mise en ligne publique du code source. Le commit initial sur GitHub regroupe 427 fichiers et 205 923 lignes de code, couvrant le lanceur de l’émulateur, la gestion mémoire de l’invité, la recompilation des shaders, le traitement des commandes GPU PS5 et le rendu Vulkan.
Les deux projets sont indépendants et reposent sur des codebases séparées. KytyPS5 est écrit en C++ à partir d’une version très modifiée de l’émulateur Kyty d’origine, tandis que SharpEmu est développé from scratch en C#.
État technique de KytyPS5 et SharpEmu
Plateformes, API graphiques et premiers jeux chargés
KytyPS5 fonctionne actuellement sous Windows et demande une carte graphique compatible Vulkan 1.3. Un support Linux est prévu. L’émulateur peut déjà démarrer certains jeux 2D et 3D conçus sous Unreal Engine, Unity et des moteurs propriétaires, avec des exécutions observées sur Disgaea 6, Dreaming Sarah, Minecraft Legends et Silent Hill: The Short Message. Il a aussi atteint les menus de GTA V dans sa version PS5 et affiché Quake II Remastered en jeu.
SharpEmu prend en charge Windows, Linux et les Mac Intel. Sur Apple Silicon, les builds passent par Rosetta 2. Le projet utilise Vulkan sous Windows et Linux, puis MoltenVK sur macOS. Les développeurs indiquent un chargement des exécutables PS5, l’exécution d’instructions CPU natives, une gestion partielle des fonctions kernel ainsi qu’un support encore précoce des shaders, des ressources et de la sortie vidéo. Les tests montrés incluent Demon’s Souls Remake, Dreaming Sarah, Void Terrarium et Dead Cells.
Aucun des deux émulateurs n’approche aujourd’hui une compatibilité générale des jeux PS5. Les équipes mentionnent encore des plantages, des fonctions absentes, des erreurs graphiques et des performances faibles. L’intérêt immédiat est ailleurs : développeurs et chercheurs disposent maintenant de deux approches publiques pour l’exécution CPU, la gestion des bibliothèques système et l’émulation graphique RDNA 2.
Pour mesurer le contraste avec des travaux encore très jeunes, KytyPS5 franchit déjà un premier cap sur PC, même si l’exécution reste loin d’être stable ou complète.
L’ouverture quasi simultanée de ces projets ne rend pas les exclusivités PS5 jouables sur PC à court terme. En revanche, elle retire un verrou classique de ce type de travaux : le progrès ne dépend plus uniquement du temps disponible chez l’auteur initial, ce qui peut accélérer le débogage, la documentation du matériel et la validation des choix d’implémentation.
Source : VideoCardz