
Le décalage se creuse chez EA. Alors que des développeurs internes dénonçaient encore en octobre 2025 des outils IA jugés contre-productifs, la direction défend désormais publiquement l’idée inverse.
EA IA générative : la direction assume un discours résolument positif
Lors d’un récent événement Game Business Live, Laura Miele, présidente de l’enterprise development chez Electronic Arts, a été interrogée sur l’effet possible de l’IA sur la durée de développement des jeux. Sa réponse reste mesurée sur le calendrier, avec un « perhaps in some parts they will », mais beaucoup plus affirmative sur le fond.
Miele explique être enthousiaste au vu des usages déjà observés en interne. Elle dit avoir toujours voulu aider les studios à supprimer des frictions dans leurs pipelines, leurs outils et leurs workflows, avec l’ambition d’être, selon ses mots, « a hero to them ».
D’après elle, l’IA est utilisée chez EA pour le code, le concept art, mais aussi certaines tâches de management. Elle estime que ces outils accélèrent le prototypage, favorisent une créativité plus rapide et raccourcissent les échanges nécessaires pour aligner les équipes sur une direction créative.
Des retours internes et sectoriels qui racontent une autre histoire
Ce discours tranche avec de précédents témoignages internes. En octobre 2025, des développeurs d’EA affirmaient que ces outils avaient freiné la productivité, alors même que l’entreprise poussait fortement leur adoption depuis plus d’un an.
Le débat ne se limite pas aux murs d’EA : la stratégie IA défendue par Andrew Wilson malgré les critiques montre à quel point la direction reste déterminée à imposer sa lecture du sujet.
Le ressenti ne se limite pas à EA. Une enquête menée par Skillsearch en avril montrait déjà que des développeurs considéraient l’IA comme un facteur nuisible pour la créativité dans le jeu vidéo.
Ventes, création et fracture croissante dans le secteur
Autre élément qui complique le récit porté par les éditeurs : une analyse récente des jeux Steam a conclu que les titres utilisant de l’IA générative vendaient jusqu’à 53 % d’unités en moins que ceux qui n’y recouraient pas. Le signal reste brut, mais il alimente clairement la défiance.
L’industrie apparaît désormais coupée en plusieurs blocs : des développeurs qui rejettent totalement l’IA générative, d’autres qui l’utilisent à contrecœur, et une partie des décideurs qui y voient au contraire un moyen de retirer la part la plus répétitive du travail. Chez EA, la ligne défendue par Laura Miele montre surtout une chose : entre promesse de productivité et réalité de production, le débat est loin d’être clos.
Source : TechPowerUp