
Construire une usine de semi-conducteurs exige surtout des capitaux. La faire produire sans variations ni défauts pourrait en revanche opposer à Elon Musk un obstacle plus redoutable que Mars.
Terafab vise un térawatt de capacité de calcul

Le projet Terafab doit à terme fournir 1 térawatt de capacité de calcul aux différentes activités d’Elon Musk. Son ambition dépasse la seule fabrication de composants : il s’agit de bâtir une chaîne d’approvisionnement intégrée pour des puces destinées au spatial, aux véhicules autonomes et à la robotique.
Intel occuperait une place centrale dans ce dispositif. Son procédé de fabrication de nouvelle génération Intel 14A devrait être déployé dans l’usine, permettant à Tesla et SpaceX d’éviter de développer seules toute l’infrastructure technologique nécessaire.
Park Joon-yong, analyste chez Hanwha Securities, estime que l’expérience industrielle d’Intel pourrait accélérer la mise en place du système de production. Le projet a également alimenté des spéculations autour d’un partenariat avec TSMC, éventuellement comme sous-traitant.
Les rendements, véritable barrière industrielle
Un responsable de Samsung cité par la publication sud-coréenne Hankyung rappelle toutefois que la construction du site n’est que la partie la plus accessible du problème. La maîtrise des rendements repose sur des années d’expérience, d’ajustement des équipements et d’optimisation de l’enchaînement des étapes de fabrication.

Cette mise au point demanderait au moins 30 ans, d’après ce responsable. Samsung est elle-même régulièrement confrontée à des difficultés de rendement sur ses procédés avancés, ce qui donne un relief particulier à cet avertissement.
Une personne connaissant les affaires internes de TSMC partage ce constat. Produire des wafers de manière constante est autrement plus complexe que bâtir une fab : un défaut isolé ou un décalage de quelques secondes dans une étape du procédé peut dégrader le rendement.
Une expertise impossible à acheter immédiatement
À mesure que les circuits rétrécissent, la fenêtre de fonctionnement de chaque opération devient plus étroite. L’expert juge ainsi les barrières à l’entrée particulièrement élevées et considère qu’Elon Musk pourrait envoyer Starship vers Mars avant d’obtenir des rendements stables avec Terafab.
La présence d’Intel et l’appui éventuel de TSMC réduiraient le risque technique, mais ne supprimeraient pas la longue phase de qualification industrielle. Pour Terafab, l’enjeu ne sera donc pas d’installer des machines de pointe, mais d’accumuler assez vite le savoir-faire tacite qui distingue une ligne pilote d’une production avancée rentable.
Source : Wccftech