
Quelques semaines après avoir prédit un rattrapage rapide de la Chine, Elon Musk reconnaît l’étendue de son inexpérience dans la fabrication des puces. Une admission qui replace son projet industriel Terafab face à la complexité réelle du secteur.
Terafab partira d’équipements conventionnels

Fin septembre, lors d’un entretien avec le média chinois CGTN, Elon Musk estimait que la Chine pourrait surmonter ses contraintes de calcul, de lithographie et de fabrication de puces d’ici 2 à 3 ans. Face au Tesla Owners Silicon Valley, le dirigeant a depuis reconnu avoir encore « énormément à apprendre » et, plus directement, ne pas savoir fabriquer de semi-conducteurs.
Il reste toutefois convaincu que son équipe et lui pourront résoudre le problème. Terafab suscite une attention croissante depuis les spéculations sur une éventuelle participation de TSMC, laquelle pourrait au mieux prendre la forme d’une mise à disposition d’installations. Le dossier est également sensible à Taïwan en raison des intérêts commerciaux de Tesla en Chine.
Musk s’est notamment intéressé à la relative uniformité des équipements présents dans les usines de Samsung, Intel et TSMC. Son plan consiste à commencer avec des machines conventionnelles, puis à les modifier afin d’augmenter le débit. Des équipements sur mesure seraient ensuite développés aux points d’étranglement pour traiter davantage de wafers.

Le projet pourrait demander « plusieurs années ». L’objectif serait de réunir sous un même toit la production des masques, la fabrication des puces et leur packaging, puis d’améliorer progressivement cette chaîne intégrée. Cette approche reprend la logique d’itération industrielle employée par Musk dans l’automobile et l’aérospatial, mais elle se heurte ici à des procédés autrement plus interdépendants.
L’IA et le risque de données contradictoires
Le dirigeant a également évoqué les progrès de l’intelligence artificielle, en prenant pour exemple des clips musicaux produits par plusieurs systèmes travaillant ensemble. Il estime que ces créations manifestent une forme de « goût », comprise comme la capacité à anticiper ce qui résonnera émotionnellement auprès du public.
Musk affirme avoir connu une forme de « cyberpsychose », ou de « psychose IA ou SI », environ une demi-douzaine de fois cette année. Il avait précédemment suggéré que les avancées de l’IA n’étaient parfois perceptibles que par les utilisateurs poussant leur usage du logiciel jusqu’à cet état.

Des principes incompatibles peuvent dégrader le raisonnement
Pour Musk, la qualité et la cohérence des données d’entraînement restent déterminantes. Donner à un modèle deux principes axiomatiques incompatibles tout en lui imposant de considérer les deux comme vrais conduirait, selon lui, à des conclusions impossibles et pourrait rendre son comportement incohérent.
L’ambition de Terafab ne dépendra cependant pas d’une simple optimisation des machines. Rendements, contamination, métrologie, matériaux, propriété intellectuelle et disponibilité des compétences forment un système difficile à accélérer isolément. Même avec des moyens considérables, reproduire l’intégration accumulée par TSMC, Samsung ou Intel demeure un chantier bien plus long qu’une montée en cadence automobile.
Source : Wccftech