
Sur PS5 Pro, le modèle de reconstruction d’image a été profondément remanié, et l’essentiel du réseau travaille désormais à 540p ou moins. Le gain visé est immédiat : moins de temps GPU, moins de mémoire et une meilleure stabilité temporelle.
Lors d’une présentation SIGGRAPH, Daniel Craig, Principal Software Engineer chez SIE, a détaillé cette nouvelle version de la technologie PlayStation Spectral Super Resolution. Le modèle provient des travaux menés par Sony et AMD dans le cadre de Project Amethyst, avec une implémentation qui reste spécifique au matériel PlayStation.
PSSR : la capacité déplacée vers les basses résolutions

Le changement d’architecture le plus net concerne la répartition de la capacité du réseau neuronal. Sony indique que le Color Predicting Network de lancement n’affectait qu’environ 30 % de ses paramètres au niveau 540p, tandis que le nouveau Kernel Predicting Network en place environ 90 % à 540p ou en dessous.
À l’inverse, le travail effectué à 4K devient très limité. Le principe est simple : réserver l’essentiel des ressources du modèle aux étages où la reconstruction apporte le plus, plutôt que de consommer des paramètres sur la sortie finale.
Du CPN au KPN
Le nouveau modèle ne prédit plus directement la couleur finale. Le KPN génère des poids de mélange, puis le filtrage conventionnel se charge du mélange lui-même.

Cette approche évite de stocker et de mélanger la couleur HDR sous une forme 8 bits. Elle permet aussi au réseau de consacrer moins de capacité à ces opérations, avec à la clé une baisse de l’empreinte mémoire et du temps GPU.
Un remplacement direct de l’implémentation d’origine
Sony annonce plusieurs bénéfices : une meilleure stabilité temporelle, plus de netteté, une consommation mémoire réduite et un coût GPU en baisse. La qualité d’image progresserait sur l’ensemble des résolutions d’entrée, avec des gains plus marqués aux résolutions les plus basses.
Le temps d’entraînement chute lui aussi fortement, en passant d’environ quatre mois GPU à moins d’une semaine GPU. Pour un modèle de ce type, l’écart est considérable.
La présentation confirme aussi que cette version remplace le PSSR de lancement, au lieu d’ajouter un mode de reconstruction séparé. Les jeux PS5 Pro déjà disponibles peuvent en profiter via un override au niveau système, sans mise à jour du jeu, tandis que les titres intégrant directement la bibliothèque mise à jour utilisent nativement cette nouvelle implémentation.
Ce point est probablement le plus intéressant à moyen terme : sur console, pouvoir améliorer la reconstruction d’image au niveau système sans repasser par chaque jeu change le rythme des mises à jour. Sony traite ici le suréchantillonnage neuronal comme une brique de plateforme, et non plus seulement comme une fonction liée à une build donnée.
Source : SIGGRAPH