
Les éditions limitées constituent toujours une part importante du modèle économique de NIS America. Face à la disparition annoncée des disques chez Sony, le patron du studio derrière Disgaea estime toutefois que les retours des joueurs pourraient encore infléchir la trajectoire.
Les jeux physiques PlayStation restent vitaux pour NIS America
Interrogé par Kotaku, Kenzo Saruhashi, PDG de Nippon Ichi Software, rappelle que les éditions physiques limitées occupent une place centrale dans les activités de NIS America. L’éditeur entend continuer à proposer ces coffrets, souvent accompagnés d’objets de collection, avec le niveau de qualité attendu par son public.
Le dirigeant indique que Sony entend les nombreux retours de ses clients. Une transition intégrale vers la distribution numérique reste donc possible, mais il juge que « la discussion peut changer » à l’avenir. Il précise néanmoins ne disposer d’aucune information privilégiée et travailler à partir des mêmes éléments que le public.
Le calendrier évoqué par l’éditeur s’inscrit dans l’arrêt des disques PlayStation à partir de 2028, une orientation que Sony assume publiquement malgré les réticences persistantes.
Des codes dans les boîtes comme solution de repli
Si Sony maintient l’arrêt de la production physique des nouveaux jeux PlayStation, évoqué pour janvier 2028, NIS America pourrait remplacer les disques par des codes de téléchargement placés dans ses coffrets. Cette solution préserverait les éditions collector, mais supprimerait le support jouable qu’elles contiennent aujourd’hui.
La perspective d’une PlayStation entièrement dématérialisée a suscité une réaction largement négative. Des rumeurs avaient récemment avancé que Sony pourrait temporiser sous la pression de la future Xbox Helix de Microsoft, avant d’être contestées par plusieurs sources habituées des indiscrétions de l’industrie.
Un marché physique encore significatif
Les données disponibles montrent pourtant qu’une part notable du public continue d’acheter des disques, notamment pour certaines exclusivités PlayStation. Dans plusieurs régions, les ventes physiques de Resident Evil Requiem atteindraient même jusqu’à 55 %, loin d’un marché devenu marginal.
La Video Game History Foundation nuance toutefois le lien entre disque et propriété réelle. Les mises à jour du premier jour, les téléchargements complémentaires et la dépendance aux serveurs limitent déjà la capacité d’un support physique moderne à préserver seul un jeu complet.
Pour Sony, l’enjeu dépasse le coût industriel des disques : abandonner ce format fragiliserait le marché de l’occasion, la distribution spécialisée et les éditeurs dont les coffrets premium financent une partie des projets. Une boîte contenant uniquement un code maintiendrait l’objet de collection, mais pas les usages qui donnent encore au physique sa valeur économique et culturelle.
Source : Kotaku