
Quelques semaines après l’arrivée des premiers Googlebook, leur système s’échappe déjà du matériel prévu par Google. Une machine virtuelle accélérée par le GPU permet désormais de lancer Chrome sur un Mac Apple Silicon.
Googlebook OS passe par QEMU et Cuttlefish

Le développeur Skylar Taylor-Barrick a publié gbos-vm, un projet open source conçu pour démarrer le système dans une machine virtuelle. Son script télécharge l’image de récupération officielle du Dell XPS Googlebook, une version ARM64 fondée sur Android 17.
La partition vendor propre au Dell est ensuite remplacée par des composants de périphérique virtuel issus du projet Cuttlefish de Google, avant un démarrage sous QEMU. Comme le XPS Googlebook repose sur une puce Snapdragon X, son image Arm peut utiliser directement l’hyperviseur du Mac, sans émulation du processeur.
Cette compatibilité exclut les Mac Intel. Pour l’affichage, gbos-vm traduit les appels Vulkan du système vers Metal au moyen de MoltenVK, ce qui assure l’accélération graphique nécessaire au fonctionnement de l’interface et de Chrome.
Une installation exigeante, encore réservée au développement
Le projet réclame 16 Go de RAM, 60 Go d’espace libre, les outils en ligne de commande de Xcode ainsi que le SDK Android avec son NDK. Il faut également prévoir environ 9 Go de téléchargements.
Sur un MacBook M5, seule machine officiellement testée par le développeur, le premier démarrage prend environ 45 secondes. Ce résultat reste toutefois celui d’un environnement expérimental, loin d’une intégration prête pour un usage quotidien.
Bluetooth instable, TPM en boucle et sécurité réduite
Les limitations sont nombreuses : le Bluetooth plante au démarrage, un démon TPM redémarre continuellement après chaque crash et l’affichage reste limité à 60 FPS. L’audio est également resté muet lors de l’un des démarrages observés.
La partition vendor reconstruite emploie des implémentations logicielles de KeyMint et Gatekeeper, sans démarrage vérifié. Les clés ne bénéficient donc pas de la protection d’un élément sécurisé, un point qui interdit de considérer cette VM comme un environnement de confiance.
Skylar Taylor-Barrick recommande logiquement de traiter gbos-vm comme une VM de développement. Le projet offre surtout un moyen gratuit d’examiner l’architecture du successeur de ChromeOS avant l’achat d’un Googlebook, tout en montrant que son socle ARM64 et ses briques Android facilitent déjà son portage hors du matériel certifié par Google.
Source : gbos-vm (GitHub)