
Un spectateur pourrait bientôt faire davantage que commenter une partie diffusée en direct : il serait en mesure d’en désigner les failles, voire d’en modifier certains événements. Sony protège ainsi une conception du streaming où le public devient ponctuellement acteur du jeu.
Un brevet Sony pour placer un curseur sur la partie

Le brevet américain US 12752199, intitulé « Adaptive screen share pointer and reactions during gameplay », a été déposé en octobre 2023. Le document, référencé sous la publication US20250135360A1, semble avoir été délivré le 6 octobre.
Le système attribue à un spectateur un curseur visible par-dessus l’image du joueur. Son apparence s’adapterait au titre diffusé afin, par exemple, de signaler le point faible d’un boss ou d’indiquer précisément où viser.
Stickers et réactions transmises par vibration

Les spectateurs pourraient également déposer des stickers à l’écran ou envoyer des réactions sous forme d’emoji. Celles-ci seraient converties en vibrations ressenties par le streamer via une manette, un casque de réalité virtuelle ou un smartphone.
Un seul curseur serait affiché à la fois. Son contrôle passerait d’un spectateur à l’autre suivant une file d’attente fondée sur des points d’engagement, ce qui limiterait l’encombrement visuel et les interactions simultanées.

Le public pourrait déclencher des actions en jeu
Le dispositif ne s’arrête pas au pointage. Sony décrit des actions réservées aux personnes qui regardent la partie sans contrôler le personnage, comme actionner un levier ou révéler un objet caché.
Les éditeurs définiraient ces interactions au moyen d’un SDK. Cette approche leur laisserait la maîtrise des événements accessibles au public, de leur fréquence et de leur intégration dans les mécaniques du jeu.
Le brevet prévoit aussi une couche de récompenses. Le streamer pourrait recevoir un trophée virtuel en fonction des réactions obtenues, tandis que les spectateurs débloqueraient leurs propres récompenses organisées par paliers.
Le périmètre n’est pas limité à la PlayStation : les consoles de Sony, Microsoft et Nintendo figurent parmi les appareils clients envisagés. Cette mention décrit toutefois la portée technique du concept, et non un partenariat entre les trois constructeurs.
Une idée protégée, pas une fonction annoncée
L’octroi d’un brevet ne garantit aucun déploiement commercial. Sony n’a annoncé cette technologie ni pour la PS5 ni pour une éventuelle PS6, et les grands groupes déposent régulièrement des concepts qui ne dépassent jamais le stade documentaire.
Plusieurs demandes récentes du constructeur suivent la même logique : des boss capables d’apprendre à partir des temps de réaction et des tentatives du joueur, une IA complétant les commandes pour les personnes ayant des limitations physiques, le paiement sans contact intégré aux manettes PlayStation et une manette adaptative sans boutons dotée d’une disposition personnalisable.


L’intérêt du dispositif réside surtout dans la séparation entre les commandes du joueur et un ensemble d’actions conçu spécifiquement pour l’audience. Si cette architecture était exploitée, elle offrirait aux studios un cadre plus contrôlable que les interactions improvisées par chat, tout en posant immédiatement la question de l’équilibrage et des abus dans les diffusions très suivies.
Source : Patent