
La direction réclame davantage de créations originales au moment même où plusieurs studios capables d’en produire quittent le groupe ou réduisent leurs effectifs. Cette contradiction place la prochaine vague de projets Xbox sous étroite surveillance.
Xbox ne peut plus seulement exploiter son catalogue

Lors d’une réunion interne organisée la semaine dernière, la CEO de Xbox, Asha Sharma, a expliqué aux salariés que la division devait continuer à créer de nouvelles licences durables pour assurer son avenir. Windows Central rapporte avoir obtenu des transcriptions auprès de plusieurs sources.
La stratégie conserve néanmoins un premier pilier très classique : soutenir les franchises les plus solides et transformer les meilleurs jeux du groupe en licences mondiales générant plusieurs milliards de dollars. Sharma estime toutefois que le recyclage du passé ne suffira pas et appelle les studios à prendre des risques pour toucher de nouveaux publics.
« Nous soutenons nos franchises les plus fortes. Je veux que nos grands jeux deviennent de grandes franchises mondiales pesant plusieurs milliards de dollars. Je voudrais également que nous continuions à créer de nouvelles licences durables. Nous ne survivrons pas si nous nous contentons de faire revivre le passé. Nous devons trouver de nouvelles voies et avoir le courage d’inventer de nouvelles licences capables d’atteindre de nouveaux publics », aurait-elle déclaré.
Une ambition fragilisée par les coupes
Ces propos interviennent trois mois après l’annonce d’environ 3 200 suppressions de postes d’ici FY27, dans le cadre d’une réorganisation présentée comme un « reset ». Double Fine et Compulsion Games sont devenus indépendants à cette occasion, alors que ces deux studios avaient récemment livré de nouvelles licences pour Xbox.

Chez Ninja Theory, des salariés ont depuis fait état de licenciements tandis que le studio derrière Hellblade se dirigerait vers une fermeture. Obsidian aurait également vu plusieurs projets annulés. La volonté affichée de financer des créations originales se heurte donc à une réduction concrète des équipes et du nombre de productions en chantier.
Asha Sharma avait par ailleurs assuré au New York Times, plus tôt ce mois-ci, que Xbox n’était pas à vendre. Le scénario qui se dessine serait plutôt celui d’une division plus compacte, concentrée sur ses grandes franchises mais conservant une part de prise de risque créative.
La crédibilité de cette orientation dépendra moins des discours que des validations de projets dans les douze prochains mois. Avec moins de studios intégrés et plusieurs annulations rapportées, Xbox devra démontrer qu’une structure resserrée peut encore financer des licences inédites sans les sacrifier aux impératifs de rentabilité immédiate.
Source : Windows Central