
La dictée vocale locale s’invite au cœur du bureau Linux, avec l’accessibilité comme premier terrain d’application. Cette intégration ouvre surtout la voie à une présence durable de l’IA dans les prochaines versions du système de Canonical.
Ubuntu 26.10 passe à GNOME 51 et Linux 7.3

Canonical publie Ubuntu 26.10 « Stonking Stingray » avec GNOME 51, officiellement sorti en septembre. Cette mouture de l’environnement de bureau promet une interface plus réactive ainsi que plusieurs améliorations liées à l’accessibilité.
Le noyau Linux 7.3 élargit pour sa part la prise en charge matérielle aux GPU Intel Xe3P associés à Nova Lake et amorce l’activation des processeurs de bureau AMD Zen 6. La distribution accueille également les pilotes NVIDIA 615.x pour Linux, des améliorations du DRM et de la gestion de l’énergie, ainsi qu’une prise en charge native du système de fichiers distribué Lustre.
Myna transcrit la voix sans quitter la machine
La principale nouveauté fonctionnelle se nomme Myna. Cet agent de transcription vocale, proposé sur activation, s’appuie sur des LLM locaux et traite les données entièrement sur l’appareil.
Canonical présente cette fonction comme une première étape vers un bureau assisté par l’IA de manière plus naturelle. L’entreprise a choisi l’accessibilité comme priorité initiale, avec l’objectif de rendre cette technologie utilisable dès son arrivée plutôt que de la cantonner à une démonstration expérimentale.
Jon Seager, vice-président de l’ingénierie Ubuntu chez Canonical, décrit Myna comme la première étape franchie par Stonking Stingray dans ce domaine. Il souligne que cette première intégration de l’IA dans Ubuntu a été menée autour de l’accessibilité afin que ces fonctions soient disponibles pour tous dès le premier jour.
Myna n’est pas présenté comme une expérimentation temporaire. Canonical prévoit de poursuivre son développement et de l’intégrer par défaut aux futures versions d’Ubuntu.
Rust, chiffrement TPM et ROCm 10.0
La sécurité et les usages professionnels progressent également. Ubuntu 26.10 achève la migration vers les utilitaires uutils coreutils écrits en Rust, adopte la signature post-quantique des paquets et étend la compatibilité du chiffrement intégral du disque adossé au TPM.
L’intégration de Microsoft Entra ID prend désormais en charge les connexions combinant mot de passe et authentification multifacteur, ainsi que les parcours sans mot de passe. Côté calcul accéléré, ROCm passe en version 10.0 avec la compatibilité de nouvelles architectures GPU AMD et de frameworks tels que vLLM et SGLang.
L’exécution locale de Myna limite la dépendance au cloud et répond directement aux enjeux de confidentialité posés par la transcription vocale. Son activation optionnelle reste prudente, mais son intégration par défaut annoncée confirme que Canonical considère désormais l’IA locale comme une composante du bureau, au même titre que l’accessibilité ou la gestion du matériel.
Source : Canonical Ubuntu blog