
Le 2 nm de TSMC vient de franchir un cap industriel bien concret : 20 000 wafers par mois sur le nœud N2. Un volume encore modeste à l’échelle du groupe, mais déjà suffisant pour mesurer la vitesse de montée en cadence du futur cœur de son activité.
TSMC N2 monte à 20 000 wafers mensuels
D’après les informations rapportées, TSMC produit désormais 20 000 wafers par mois sur son nœud N2. La fabrication 2 nm est répartie sur cinq fabs à Taïwan, mais une seule est actuellement engagée en production de volume sur ce procédé : Fab 20, qui aurait atteint à elle seule ce palier.
TSMC a lancé la production de volume du N2 au quatrième trimestre 2025. Deux trimestres plus tard, ce nœud ne représente encore que 3 % du chiffre d’affaires de l’entreprise, contre 30 % pour le 3 nm et 33 % pour le 5 nm, toujours en tête.
Un nœud 2 nm déjà très demandé
TSMC a récemment confirmé que le N2 totalise quatre fois plus de tape-outs que le N3, son précédent nœud de pointe en 3 nm. Le passage au GAAFET joue clairement en faveur de cette adoption, avec jusqu’à 15 % de performances en plus à consommation égale, ou jusqu’à 30 % de consommation en moins à vitesse identique.
Le signal commercial compte autant que le rythme de fabrication, et le fait que les tape-outs s’emballent sur ce nœud mérite un détour par la montée en puissance des tape-outs sur le 2 nm.
Parmi les clients déjà identifiés figurent AMD, avec ses CPU serveur EPYC « Venice », et Apple, avec les puces A20 Pro attendues dans les iPhone 18 Pro. Même si le N2 pèse encore peu en revenus et en volume, la trajectoire de la demande montre que le basculement commercial est enclenché.
Comparaison avec Intel 18A et contrainte EUV
À titre de comparaison, les nœuds concurrents de même génération affichent des volumes proches. Le 18A d’Intel, produit sur deux sites, Fab 52 à Phoenix, Arizona, et un autre à Hillsboro, Oregon, tournerait autour de 30 000 wafers par mois.
Le N2 de TSMC s’appuie pour sa part sur les machines Low-NA EUV d’ASML, notamment les TWINSCAN NXE:3800E. Ces équipements devraient voir leur prix augmenter dans les prochaines années. TSMC aurait fait part de son mécontentement, tout en devant suivre sur les achats de machines.
Le point à surveiller n’est donc pas seulement le rendement, mais la capacité de TSMC à transformer cette avance en volumes massifs sans faire exploser son coût de production. Avec seulement 3 % du chiffre d’affaires aujourd’hui, le N2 reste au début de sa courbe, mais le rythme des tape-outs indique déjà où se concentrera la bataille industrielle de 2026.
Source : TechPowerUp