
Le site de TSMC en Arizona change encore d’échelle. Porté par un deuxième trimestre 2026 record, le fondeur engage 100 milliards de dollars supplémentaires, soit environ 92 milliards d’euros à titre indicatif, sur un campus déjà devenu stratégique pour l’industrie américaine.
TSMC Arizona passe à la vitesse supérieure
Le projet évoqué plus tôt cette année est désormais confirmé : TSMC va bien ajouter un nouveau paquet d’investissements de 100 milliards de dollars à ses installations d’Arizona. L’objectif reste le même, avec l’ajout de quatre fabs supplémentaires sur le site américain.

D’après les éléments disponibles, environ 165 milliards de dollars, soit près de 152 milliards d’euros, ont déjà été investis en Arizona. Avec cette rallonge, il s’agit de l’un des plus gros investissements étrangers réalisés aux États-Unis.
TSMC ne portera d’ailleurs pas seul l’effort financier. Ses partenaires de la chaîne d’approvisionnement devraient contribuer à hauteur d’environ 30 milliards de dollars sur les 100 milliards annoncés, signe que l’enjeu dépasse largement la seule capacité de production et touche aussi à l’indépendance locale de l’écosystème.
Reste que l’extension d’un campus ne dit pas tout : la montée en cadence réelle se joue aussi sur les wafers produits, comme l’illustre le trimestre record déjà signé par TSMC en Arizona.
Un chantier prévu sur plusieurs années
En janvier, le groupe aurait acquis 900 acres supplémentaires juste de l’autre côté de l’autoroute, en face du site existant au nord de Phoenix. Cette réserve foncière préparait clairement l’extension du campus et l’ajout de nouvelles capacités industrielles.
Comme toujours sur ce type de dossier, les 100 milliards de dollars ne seront pas dépensés en une seule fois ni sur un seul exercice. La construction d’une fab exige plusieurs années de conception, d’approvisionnement en équipements et de travaux, hors retard éventuel.
Le capex 2026 donne un ordre de grandeur
TSMC a récemment validé un capex record de 45 milliards de dollars pour 2026 seulement. À ce rythme, il faudrait déjà autour de deux années d’investissements comparables pour absorber l’effort lié à l’expansion en Arizona, sans même tenir compte des besoins simultanés à Taïwan.
Dans les faits, l’extension devrait donc s’étaler sur cinq ans ou davantage. Entre la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, les délais d’installation des équipements et les arbitrages entre les sites américains et taïwanais, le calendrier industriel restera long.
Ce dossier confirme surtout que l’Arizona n’est plus un simple relais de production pour TSMC, mais un pivot industriel appelé à structurer une partie de sa chaîne de valeur hors de Taïwan. Pour le marché, cela renforce la logique de régionalisation des semi-conducteurs, avec un coût élevé, mais aussi une capacité de résilience accrue en cas de tension géopolitique ou logistique.
Source : TechPowerUp