
Un portable encore jamais officialisé a fini ramassé sur le bord d’une route, puis passé au crible pendant un mois. Le résultat expose très tôt les forces et surtout les fragilités de la plateforme Arm haut de gamme que NVIDIA préparerait avec Microsoft.
RTX Spark déjà observé dans un Surface Laptop Ultra

Sur les forums TechPowerUp, un habitué connu sous le pseudonyme Fouquin a publié un compte rendu particulièrement détaillé d’un Microsoft Surface Laptop Ultra équipé du SoC NVIDIA RTX Spark. Le point de départ est improbable : la machine aurait été trouvée sur le bord d’une route, récupérée en pensant qu’il s’agissait d’un déchet.
Au-delà de l’anecdote du prototype retrouvé par hasard, la vraie question est celle du niveau de maturité déjà atteint par la plateforme, dont le pilote GeForce 616.00 sur Windows 11 Arm avait déjà laissé entrevoir la structure.
Le test ne relève pas d’un protocole officiel TechPowerUp, mais la démarche reste sérieuse. Fouquin s’est appuyé sur la suite Phoronix et a même mis à jour les pilotes graphiques vers une préversion 616.00, qui ajoute la prise en charge de CUDA pour le GPU Blackwell intégré.
L’exemplaire embarquerait la déclinaison la plus musclée de la puce, avec 6 144 cœurs GPU et un CPU 20 cœurs. Malgré cette fiche technique, les premiers retours placent encore la machine derrière les MacBook récents à base de M5 Pro, ainsi que derrière plusieurs plateformes x86.

Consommation, pilotes et performances encore en chantier
Avant mise à jour, le portable descendait à 7 à 8 W au repos en mode Balanced. Après installation du nouveau pilote, ce niveau devient la nouvelle base du mode Best Power Efficiency, tandis que le mode Balanced monte à 12 W au repos et le mode Performance grimpe à 23 W.
Fouquin signale aussi plusieurs comportements instables, dont un blocage reproductible après environ une heure d’utilisation. Dans la suite Phoronix, les tests IA ne montreraient aucun gain entre les profils Best Performance et Balanced, ce qui suggère encore des réglages d’alimentation ou d’ordonnancement loin d’être finalisés.
Les premiers scores relevés
Dans Cinebench 2024, le CPU du RTX Spark atteint 1 386 points en multicœur et 123 points en monocœur. Dans Cinebench 2026, la machine obtient 5 771 points en multicœur CPU et 540 points en monocœur. Ces mesures ont été réalisées avec une limite de puissance PL1 de 80 W, ce qui laisse penser que le système était en mode Performance.

Thermique sous tension, GPU stable sur batterie
Le point positif le plus notable concerne le GPU : ses performances resteraient identiques sur batterie et sur secteur. Pour un portable Windows on Arm, c’est presque un prérequis face aux MacBook Arm d’Apple, qui ont fixé ce standard depuis plusieurs générations.
Sur les modes Balanced et Best Power Efficiency, les cœurs CPU montent jusqu’à 38 W avant que certains cœurs X925 n’atteignent 98 à 100°C, puis les ventilateurs accélèrent. Une fois stabilisé, le CPU tourne entre 35 et 37 W autour de 2,6 GHz.
En mode Best Performance, les ventilateurs n’interviennent pas plus tôt, mais les cœurs peuvent tirer 44 à 50 W et tenir environ 2,8 GHz à 100°C. Le GPU Blackwell reste le plus facile à contenir, avec des pointes à 90°C, des fréquences de 2 à 2,2 GHz entre 80 et 88°C, et un fonctionnement limité par l’enveloppe de puissance avant la contrainte thermique.
Le mode Max-Q serait activé, avec un TGP de 50 W par défaut, d’où une plage de fonctionnement réelle estimée entre 1 550 et 1 950 MHz. Le plafond théorique monte à 105 W, mais le PL2 plafonne à 95 W et ne laisserait généralement que 75 à 80 W dans un scénario Balanced.
Le reste du châssis semble plus convaincant que la plateforme elle-même à ce stade. Fouquin évoque une bonne qualité de fabrication, un clavier ferme avec très peu de jeu, ainsi que des fonctions pratiques comme le rétroéclairage qui se coupe quand l’utilisateur s’éloigne, puis le réveil de la machine via la caméra à son retour.
Ce prototype montre surtout à quel point NVIDIA vise déjà le terrain d’Apple sur l’autonomie et la constance des performances, tout en rappelant qu’un bon SoC ne suffit pas sans une pile logicielle mature. Si ces chiffres sont représentatifs, le matériel a du potentiel, mais les pilotes, la gestion thermique et l’optimisation énergétique restent manifestement le vrai chantier avant lancement.
Source : TechPowerUp