
Un projet industriel à 45 milliards de dollars dépend aujourd’hui d’une autorisation concernant des équipements destinés à la Chine. Ce verrou réglementaire pourrait déterminer la capacité de Solidigm à financer son implantation américaine.
Solidigm suspend son choix à Washington
Le fabricant de NAND Flash détenu par SK hynix envisage d’investir 45 milliards de dollars, soit environ 39 milliards d’euros à titre indicatif, dans des capacités de production aux États-Unis. Bloomberg précise toutefois qu’aucune décision définitive n’a encore été prise.
Solidigm cherche d’abord à obtenir l’accord du gouvernement américain pour expédier des équipements vers ses fabs de Dalian, en Chine. Certaines machines de fabrication de semi-conducteurs étant soumises à une autorisation des États-Unis, le groupe conditionne l’avancement de son projet américain au traitement de ce dossier.
Dalian doit atteindre 150 000 wafers par mois
Solidigm exploite actuellement la Fab 1 de Dalian et a accéléré la construction d’une Fab 2 à proximité. Cette reprise des investissements intervient après quatre années de gel des projets d’expansion en Chine continentale.
La feuille de route prévoit une hausse de 50 % de la production d’ici 2027 afin de répondre à la progression de la demande en NAND Flash. Le site produit actuellement environ 100 000 wafers par mois, un volume qui passerait donc à près de 150 000 wafers mensuels.
La NAND QLC portée par les besoins de l’IA
Solidigm doit également lancer la production de sa NAND 3D QLC à grille flottante, avec plus de 200 couches de stockage actives par puce. Cette architecture vise notamment les SSD de plusieurs téraoctets destinés aux entreprises, qui constituent actuellement le principal débouché de ces solutions.
La NAND QLC reste moins rapide et moins endurante que la TLC, mais sa densité répond aux besoins de capacité des charges de travail liées à l’intelligence artificielle. Une implantation américaine donnerait à Solidigm les moyens de profiter des tensions d’approvisionnement provoquées par cette demande, tout en renforçant une production locale de mémoire aux États-Unis.
Le dossier illustre néanmoins l’interdépendance persistante de la filière : l’expansion américaine dépend ici de la poursuite des investissements chinois. Pour Washington, accepter l’exportation des équipements reviendrait à arbitrer entre le contrôle technologique de la Chine et l’arrivée potentielle de dizaines de milliards de dollars de capacités NAND sur son propre territoire.
Source : Bloomberg