
À quelques mois du lancement de ce qui est déjà présenté comme le jeu le plus attendu de tous les temps, la tension monte chez Rockstar. Derrière l’attente autour de GTA VI, un conflit social prend désormais une tournure officielle.
Au-delà du rapport de force social, l’enjeu du calendrier commercial reste central, surtout quand les précommandes de GTA 6 ouvrent avant la sortie et que chaque annonce pèse déjà sur l’équilibre du studio.
Rockstar Games Union veut une reconnaissance formelle
Le Rockstar Game Workers Union, ou RSGWU, a confirmé vouloir obtenir une reconnaissance syndicale chez Rockstar avant la sortie de Grand Theft Auto VI. Le syndicat avait été formé au début de l’année 2026 en collaboration avec IWGB Game Workers, la branche jeu vidéo de l’Independent Workers’ Union of Great Britain.

Cette démarche intervient après une série d’accusations de union busting et de licenciements jugés abusifs en 2025. À cette période, 31 employés de Rockstar avaient été remerciés. De son côté, Take-Two, maison mère de Rockstar, affirme que ces départs étaient liés à des violations de confidentialité, après le partage d’informations sur GTA VI dans un forum public.
Des licenciements contestés dans un secteur déjà sous pression
D’après l’IWGB, l’ensemble des salariés licenciés en 2025 étaient en discussion pour rejoindre le syndicat, et c’est ce contexte qui expliquerait réellement leur éviction. Alex Marshall, président de l’IWGB, avance que GTA VI aurait déjà généré plus de 3 milliards de dollars de précommandes, soit environ 2,8 milliards d’euros à titre indicatif, et estime que la direction de Rockstar peut « facilement s’asseoir à la table » des négociations avec les équipes qui fabriquent ces jeux.
Le dossier arrive dans une industrie du jeu vidéo particulièrement instable. Sony a récemment confirmé d’importants licenciements chez Bungie, touchant presque tout le personnel ayant travaillé sur Destiny 2 ainsi qu’une partie de l’équipe de Marathon. Xbox Game Studios préparerait aussi une nouvelle vague de suppressions de postes, tandis que des salariés d’Ubisoft Barcelone sont en grève sur fond de réductions d’effectifs. Même des échecs commerciaux récents comme Highguard ont rapidement débouché sur des licenciements massifs.
La crainte d’une vague de coupes après la sortie
Dans ce contexte, la demande du RSGWU peut aussi se lire comme une tentative d’anticiper l’après-lancement de GTA VI, période souvent marquée par des restructurations dans les grands studios. Rockstar aurait déjà dépensé jusqu’à 3 milliards de dollars en salaires pour GTA VI seul, soit environ 2,8 milliards d’euros, un niveau de coût qui renforce mécaniquement les inquiétudes autour d’éventuelles coupes une fois le jeu commercialisé.
Le cas Rockstar dépasse donc le seul cadre d’un conflit interne. Si un studio de cette taille devait reconnaître formellement un syndicat juste avant la sortie d’un blockbuster de cette ampleur, le signal envoyé à toute l’industrie serait difficile à ignorer, au moment précis où les grands éditeurs enchaînent plans sociaux et rationalisations.
Source : TechPowerUp