
Faire grimper une PlayStation 5 de base à près de 60 i/s sur un rendu entièrement ray-tracé n’a rien d’un scénario prévu par Sony. Des essais menés via Linux sur des consoles restées en firmware 6.02 montrent que la machine peut encaisser ce type de charge sur des jeux adaptés, mais avec des compromis sévères dès que la complexité monte.
PS5 Linux : un banc d’essai très loin d’une version console
Digital Foundry a réalisé ses essais sur une PS5 standard, non pas via un portage officiel, mais à travers PS5 Linux, une solution exploitable sur les anciennes consoles limitées au firmware 6.02, diffusé en octobre 2022. Cette configuration permet d’installer Linux, Steam et Proton, puis d’exécuter des versions PC de jeux compatibles avec le ray tracing matériel.

Trois titres ont servi de base de mesure : Quake II RTX, Portal with RTX et Cyberpunk 2077 RT Overdrive. La hiérarchie est nette. Quake II RTX reste de loin le plus léger, Cyberpunk 2077 est le plus exigeant, et Portal with RTX se place entre les deux, avec en plus un débruitage jugé médiocre et une définition interne très basse.

Des écarts massifs selon la charge ray tracing
Cyberpunk 2077 reste très coûteux
En sortie 1080p avec XeSS en mode Performance, Cyberpunk 2077 RT Overdrive atteint en moyenne 22,6 FPS, pour une résolution interne de 470p. En passant sur une sortie 1920 × 800, la définition interne chute à 348p, ce qui permet de monter à 26,9 FPS.
Digital Foundry a ensuite activé un mod d’optimisation qui ramène les rebonds de rayons de deux à un. Avec des réglages raster proches de la version Switch 2, le benchmark monte à 35,5 FPS. PSSR ne gère toujours pas la génération d’images, mais sous Linux le jeu peut activer AMD Frame Generation, ce qui pousse le compteur vers 70 FPS. Le rendu généré reste toutefois très dégradé, décrit comme un effet de flottement plutôt qu’un vrai gain de fluidité.

Quake II RTX livre les résultats les plus convaincants. En 4K native avec path tracing, la PS5 Linux tombe à 11,4 FPS et 10,7 FPS sur les deux timedemos intégrées. Avec un upscale TAAU de 1080p vers 4K, les moyennes passent à 40,4 FPS et 37,8 FPS. En ajoutant une résolution dynamique avec un plancher à 25 %, soit 540p, le jeu fonctionne près d’un verrouillage à 60 FPS.
Le cas de Quake II RTX montre surtout ce que la PS5 peut encore encaisser dès qu’on lui épargne les scènes trop lourdes. Sur des jeux plus ambitieux comme GTA 5 Enhanced sous Linux, les résultats dépendaient déjà beaucoup du firmware et des réglages retenus.
La PS5 Pro serait une candidate plus crédible pour ce type d’essais grâce à un matériel ray tracing plus solide et à PSSR. Digital Foundry n’anticipe toutefois pas un mode RT Overdrive pour Cyberpunk 2077 sur PS5 Pro, CD Projekt Red visant déjà des sorties plus élevées avec des réglages RT plus classiques sur la version actuelle. Il n’existe pour l’instant aucune distribution Linux pour PS5 Pro.
Ces mesures rappellent surtout où se situe la limite de la PS5 de base : sur des scènes simples et avec une reconstruction agressive, un rendu intégralement ray-tracé peut devenir jouable. Sur un jeu moderne à monde ouvert, même en coupant les rebonds et en sacrifiant fortement la définition interne, on reste loin d’un mode console proprement exploitable.
Source : VideoCardz