
Le disque n’a clairement pas dit son dernier mot sur PS5. Alors que Sony prépare la fin progressive de sa production à partir de 2028, une part très visible des revenus de ses plus grosses exclusivités continue de venir du format physique.
PlayStation dépend encore fortement des ventes physiques sur ses gros solo

Les données partagées par l’analyste Rhys Elliott d’Alinea Analytics montrent que Marvel’s Spider-Man 2 a généré 1,2 milliard de dollars de revenus, soit environ 1,1 milliard d’euros à titre indicatif. Dans ce total, 35 % proviennent encore des disques.
Ghost of Yotei suit de près avec près de 40 % de ses 400 millions de dollars de revenus, soit environ 365 millions d’euros, issus du format physique. Astro Bot, Stellar Blade et Death Stranding 2 évoluent eux aussi dans une fourchette comparable, entre 32 % et 47 %.
Une exception notable du côté du multijoueur
Helldivers 2 fait figure d’anomalie dans ce tableau. Le jeu ne tire que 8,3 % de ses 235 millions de dollars de revenus, soit environ 214 millions d’euros, des copies physiques, un écart cohérent avec son profil multijoueur.
La lecture est assez simple : sur les exclusivités solo premium, PlayStation conserve une base d’acheteurs attachée au disque. Et ce constat arrive au moment même où Sony maintient son cap vers un avenir largement dématérialisé.
Le pari du tout numérique tombe à un moment délicat
Sony a déjà indiqué qu’aucune contestation ne le ferait revenir sur la réduction du physique. Sur le plan comptable, la logique existe : une vente dématérialisée reste plus rentable une fois retirés les coûts de fabrication et la marge des distributeurs.
Le problème, c’est le calendrier. Concord aurait coûté plus de 300 millions de dollars, soit environ 274 millions d’euros, avant son annulation, tandis que Marathon, Saros, Marvel Tokon et Lego Horizon Adventures auraient réalisé des lancements plus timides qu’espéré. De son côté, Marvel’s Wolverine, l’un des derniers très gros piliers du catalogue à venir, s’est établi à 78 sur Metacritic après la levée de son embargo, au niveau de Days Gone Remaster l’an dernier, loin du standing critique généralement attendu d’une vitrine first-party.
Si Sony veut pousser plus loin le dématérialisé tout en cherchant encore son grand succès live-service, abandonner un segment qui pèse jusqu’à 47 % du revenu sur certaines exclusivités solo ressemble moins à une transition naturelle qu’à un arbitrage risqué.
Source : Rhys Elliot on X