
Le troisième épisode devait transposer le polar numérique de Rockstar sous le soleil brésilien. Plus d’une décennie après sa sortie, son principal scénariste estime avoir mal compris ce que le public attendait réellement de la série.
Max Payne 3, un échec assumé par Dan Houser

Interrogé par IGN dans le cadre de la série IGN30 Icons, Dan Houser a porté un regard sévère sur Max Payne 3. Le cofondateur de Rockstar, également coauteur d’une large partie des séries Grand Theft Auto et Red Dead Redemption, dirigeait l’écriture du jeu sorti en 2012.
À l’époque, sa structure linéaire, ses transitions masquant les chargements et sa mise en scène cinématographique lui semblaient constituer une interprétation convaincante du « digital noir ». Une partie du public n’a toutefois pas reconnu l’identité des deux premiers volets dans cette formule.
« Je me suis complètement trompé », reconnaît Dan Houser. Il estime que le jeu reste « magnifiquement réalisé », mais qu’il n’a pas rencontré le succès qu’il aurait dû connaître. Il assume une large part de cet échec, à la fois comme décideur et comme scénariste.
L’écriture de Sam Lake au cœur des regrets
Houser admet surtout avoir sous-estimé l’attachement des joueurs au travail de Sam Lake, directeur créatif de Remedy et figure centrale de l’écriture des deux premiers épisodes. Il précise connaître personnellement l’auteur finlandais, qu’il décrit comme « très talentueux », tout en concédant que les fans ont réellement regretté sa plume.

L’accueil critique de Max Payne 3 n’avait pourtant rien d’un désastre. Le décalage venait davantage des amateurs historiques de la licence, peu convaincus par le Brésil ensoleillé, le ton plus bruyant et l’éloignement de l’atmosphère sombre des originaux. Les ventes auraient également été inférieures aux attentes de Rockstar.
Remedy prépare le retour aux origines
La série doit désormais renouer avec ses fondations. Remedy travaille sur les remakes de Max Payne et Max Payne 2, tandis que Rockstar Games assure l’édition du projet. Les informations restent rares : le studio indiquait il y a plus d’un an que le développement était entré en pleine production.
Rockstar concentre parallèlement une large part de ses ressources sur GTA 6, dont la sortie est prévue le 19 novembre. Le retour de Remedy aux commandes créatives apparaît ainsi comme un choix cohérent : les remakes devront moderniser deux jeux anciens sans effacer l’écriture, l’ambiance et la voix d’auteur que Max Payne 3 n’était pas parvenu à remplacer.
Source : IGN