
Une couche Vulkan open source vient bousculer un verrou que l’on croyait réservé aux pilotes officiels. Sous Linux, les technologies de réduction de latence de NVIDIA et d’AMD peuvent désormais fonctionner au-delà de leur écosystème habituel.
low_latency_layer contourne la dépendance aux pilotes

Développé par Korthos Software, low_latency_layer est une couche Vulkan pour les systèmes Linux qui implémente NVIDIA Reflex 2 et AMD Anti-Lag 2 de manière agnostique côté matériel. En pratique, une carte graphique NVIDIA, AMD ou Intel peut donc exploiter ces optimisations de latence, même en l’absence de prise en charge officielle dans les pilotes.
L’intérêt est double. D’un côté, la couche sert de contournement quand le support driver manque. De l’autre, elle permet de lancer des applications prévues pour NVIDIA Reflex là où AMD Anti-Lag 2 n’est pas proposé nativement.

Des résultats déjà mesurés sur plusieurs jeux
Korthos Software a mené ses essais avec une Radeon RX 7900 XTX, un Ryzen 7 9800X3D et 64 Go de mémoire. Les mesures ont porté sur THE FINALS, Counter-Strike 2, Cyberpunk 2077, Resident Evil Requiem, Marvel Rivals et Overwatch 2.
Suivant les titres et le niveau de support officiel, les gains observés atteignent quelques millisecondes de latence en moins, à un niveau comparable à celui relevé en environnement Windows natif. Sur des jeux eSport comme Counter-Strike 2, ce type d’écart reste significatif.

Le cas de CS2 est particulièrement intéressant : sous Linux, Anti-Lag 2 y ferait mieux que sous Windows. Le jeu étant natif Linux, l’hypothèse avancée pointe vers la charge de fond supplémentaire du système de Microsoft.
Installation encore réservée aux utilisateurs à l’aise
La mise en place n’a rien d’automatique. Il faut activer et ajuster plusieurs variables d’environnement, avec une documentation GitHub décrite comme claire, mais qui demande tout de même un minimum de pratique côté Linux.
Pour les jeux non natifs exécutés via Proton, il faut en plus activer le support NVAPI pour que la couche fonctionne correctement. Là aussi, cela passe par des variables supplémentaires.
Au-delà du simple tweak, le projet montre surtout qu’une partie des fonctions dites exclusives tient autant à l’implémentation logicielle qu’au matériel lui-même. Si l’initiative se stabilise, elle pourrait faire de Linux une plateforme beaucoup plus crédible pour les joueurs compétitifs, y compris hors des circuits de support officiels.
Source : TechPowerUp