
Une simple substitution d’identifiant PCIe fait passer une GeForce RTX 3090 Ti de 87,5 à 157 TFLOPS en BF16. Ce détournement sous Linux révèle des capacités de calcul jusqu’ici réservées par le pilote aux cartes professionnelles NVIDIA.
GPU Unlock contourne les restrictions du pilote NVIDIA

Le projet open source développé par « zagitta » cible les limitations logicielles appliquées aux GeForce, alors que celles-ci partagent leur architecture GPU avec des modèles professionnels. NVIDIA réserve certaines fonctions de calcul et de virtualisation vGPU aux gammes Quadro, Tesla et RTX A, nettement plus coûteuses.
GPU Unlock modifie dynamiquement le module du pilote NVIDIA chargé dans le noyau Linux. Il intercepte les requêtes portant sur l’identifiant physique PCIe du GPU, puis renvoie celui d’une carte professionnelle compatible. Le pilote traite alors la GeForce comme un modèle professionnel et lève les restrictions associées.
157 TFLOPS en BF16 sur la RTX 3090 Ti
Sur la GeForce RTX 3090 Ti équipée d’un GPU Ampere, les mesures communiquées font état de 157,41 TFLOPS en BF16, contre 87,50 TFLOPS auparavant, soit un gain proche de 80 %. Le calcul TF32 progresse presque du simple au double, de 42,58 à 82,61 TFLOPS.
Le FP16 augmente plus modérément, de 87,46 à 118,39 TFLOPS. Une GeForce RTX 3080 passerait pour sa part de 65 TFLOPS à environ 110 à 113 TFLOPS en FP16/BF16, tout en conservant sa limite de puissance d’origine de 320 W.
Des gains mesurables dans vLLM, mais limités par la mémoire
Les résultats ne se limitent pas aux tests de débit brut. Dans le moteur d’inférence vLLM, GPU Unlock améliorerait de 33 à 36 % la phase Prefill sur les contextes longs et réduirait de 25 % le délai avant le premier token, ou Time-To-First-Token.
La phase Decode reste en revanche pratiquement inchangée. La modification agit sur les capacités de calcul exposées par le pilote, mais ne corrige pas les contraintes liées à la bande passante mémoire.
L’outil fonctionne actuellement uniquement sous Linux. Il prend en charge les GeForce GTX 900, GTX 1000, RTX 20 et RTX 30, tandis que les RTX 40 et RTX 50 restent incompatibles.
Cette méthode ne transforme pas une GeForce en carte professionnelle sur les plans matériel, logiciel et contractuel. Elle montre toutefois que certaines performances Ampere demeurent bridées par la segmentation du pilote plutôt que par le silicium, un constat particulièrement intéressant pour les stations IA à budget contraint.
Source : GitHub