
Au moment où Xbox traverse une phase de restructuration brutale, une voix venue de l’intérieur continue de défendre l’un de ses paris les plus coûteux. Mike Brown, ancien creative director de Forza Horizon 5, estime que Game Pass reste une bonne idée, même si le modèle n’a manifestement pas atteint l’équilibre attendu.
Game Pass reste, pour Mike Brown, une idée juste sur le fond
Invité récent du podcast MinnMax, Mike Brown, aujourd’hui cofondateur de Maverick Games après son départ de Playground Games pour travailler sur Clutch, a commenté les changements en cours chez Xbox. Il dit avoir beaucoup d’estime pour l’ancienne direction, en citant Sarah Bond et Phil Spencer, tout en jugeant la situation actuelle et les licenciements récents « tristes ».
Sur le fond, Brown défend le principe du service. Il rappelle que Microsoft a « évidemment investi une fortune » dans le concept de Game Pass, notamment à travers « de nombreuses acquisitions » destinées à alimenter le catalogue, mais il ajoute qu’il n’y a pas eu assez d’abonnés payant le tarif nécessaire pour rendre l’activité viable.
Sa lecture reste néanmoins favorable au produit lui-même. Pour lui, l’idée était « bien intentionnée », pensée pour les joueurs, avec une combinaison convaincante entre prix bas, catalogue large et varié, et confort d’un abonnement. Brown va même plus loin en estimant que cette formule a probablement permis l’existence de jeux qui n’auraient autrement jamais vu le jour.
Reste que l’argument de Brown se heurte aujourd’hui à une lecture plus large de la maison Xbox, qui cherche à redonner de la lisibilité à son offre avec le recentrage de Microsoft sur Game Pass et la console.
Des chiffres loin de l’ambition initiale de Xbox
Les chiffres évoqués récemment donnent un aperçu du problème économique. Game Pass aurait culminé à 30 millions d’abonnés à la fin de l’exercice fiscal 2026, soit 47 millions de moins que l’objectif de 77 millions fixé au lancement du service en 2017.
Le contraste est d’autant plus fort que la stratégie de Microsoft a longtemps reposé sur cet effet d’échelle. Si la promesse utilisateur reste solide sur le papier, la difficulté semble avoir été de transformer cette attractivité en base d’abonnés suffisante pour absorber les coûts de contenu, d’acquisitions et de production.
Xbox infléchit déjà sa stratégie
Depuis la prise de fonction de Asha Sharma à la tête de Xbox, l’entreprise aurait commencé à s’éloigner d’une stratégie centrée sur la production de jeux et sur Game Pass comme principal moteur d’attractivité. Le service est devenu moins cher, mais plusieurs changements vont dans le sens inverse de sa proposition initiale.
Call of Duty a notamment été retiré de Game Pass, avec d’autres sorties day one. En parallèle, Sharma chercherait à relancer davantage l’activité hardware de Xbox et à regagner des parts de marché avec un regain d’intérêt pour les exclusivités maison.
Le point soulevé par Brown résume assez bien l’impasse actuelle de Microsoft : un service peut être apprécié par les joueurs, encourager la diversité du catalogue et malgré tout rester économiquement insuffisant à l’échelle visée. Pour Xbox, la vraie bascule semble désormais se jouer entre logique d’abonnement et retour à des leviers plus classiques, comme le hardware et les exclusivités fortes.
Source : TechPowerUp