
Le retour de la licence aura pris plus de 10 ans, pour un résultat jugé insuffisant en interne comme à l’extérieur. Et si The Veilguard n’était finalement que le dernier souffle de Dragon Age, l’hypothèse n’a plus rien de théorique.
Mark Darrah voit très peu de chances pour Dragon Age
Dans un entretien accordé à FRVR, Mark Darrah, créateur de la série, explique qu’il croit peu à un retour de la franchise sous quelque forme que ce soit, qu’il s’agisse d’une suite ou même d’un remake. Son constat s’appuie autant sur la trajectoire de la licence que sur le fonctionnement d’EA.
Darrah rappelle qu’après le succès de Dragon Age: Inquisition, qui reste à ce jour le jeu le plus vendu de BioWare, il avait approché EA pour lancer un nouvel épisode. Malgré cela, il aura fallu plus d’une décennie avant de voir arriver The Veilguard.
Pour lui, cette inertie s’explique par la relation compliquée d’EA avec la production même de jeux. Il cite au passage une formule particulièrement acide entendue à propos de l’éditeur : un hedge fund avec un hobby jeu vidéo, qu’il préférerait ne pas financer aussi lourdement.
EA, BioWare et une suite devenue difficile à imaginer
Le point le plus pessimiste concerne l’après-Veilguard. Darrah estime que les performances jugées décevantes du jeu rendent très improbable l’idée même d’un pitch pour une suite, et encore moins son approbation par EA.
Le cas de Dead Space 4 et les exigences d’EA montre à quel point un retour peut se bloquer quand la logique comptable prend le pas sur l’envie de relancer une série.
Il ajoute qu’il ne voit même pas qui, chez BioWare, pourrait porter un nouveau projet Dragon Age. L’autre scénario serait qu’une équipe interne à EA tente de relancer la licence, mais Darrah pense qu’une telle initiative se heurterait rapidement aux tensions historiques entre l’éditeur et le studio.
Une licence installée, mais potentiellement mise en sommeil
Darrah souligne aussi qu’EA possède déjà un nombre important de propriétés intellectuelles laissées en dormance. Dans ce contexte, Dragon Age pourrait simplement rejoindre cette liste, malgré une base de fans toujours active et l’aura d’une série qui a longtemps compté dans le RPG occidental.
Le cas Dragon Age illustre surtout la fragilité des grandes licences narratives quand leur développement s’étire sur plus de 10 ans et que leur rentabilité immédiate devient le critère dominant. Pour BioWare, l’enjeu dépasse une seule série : c’est aussi la capacité du studio à défendre ses univers historiques face aux arbitrages d’EA qui se joue ici.
Source : TechPowerUp