
Le rythme s’accélère nettement pour Arm, avec un nouveau sommet trimestriel à 1,29 milliard de dollars, soit environ 1,19 milliard d’euros à titre indicatif. Derrière cette progression, le vrai signal est ailleurs : l’architecture britannique capte une part croissante de la valeur dans l’IA et le datacenter.
Arm Q1 FYE27 : revenus record et royalties en forte hausse

Le groupe a publié le 29 juillet 2026 sa lettre aux actionnaires pour le premier trimestre de l’exercice fiscal 2027, clos le 30 juin 2026. Le chiffre d’affaires total progresse de 22 % sur un an pour atteindre 1,29 milliard de dollars, un record pour un premier trimestre.
Arm attribue cette performance à des niveaux inédits de revenus issus des licences et des royalties. Les royalties liées au datacenter ont plus que doublé sur un an, tandis que l’adoption de technologies à meilleur rendement par puce, comme Armv9 et les Arm Compute Subsystems (CSS), continue de tirer le mix vers le haut.
AGI CPU : une demande déjà au-delà des attentes

Lancé en mars 2026, l’Arm AGI CPU avance plus vite que prévu selon la société. La demande clients dépasse désormais 2 milliards de dollars, soit environ 1,84 milliard d’euros, répartis sur les exercices FYE27 et FYE28.
Arm précise avoir déjà livré un premier produit à plusieurs clients. L’entreprise continue aussi d’ajouter de nouveaux comptes, notamment aux États-Unis et en Chine, tout en renforçant la valeur globale de son pipeline. Elle affirme en parallèle avoir sécurisé les capacités de production nécessaires pour soutenir l’opportunité de 1 milliard de dollars évoquée au trimestre précédent sur FYE2027 et FYE2028.
Neoverse gagne du terrain dans l’infrastructure IA
L’adoption de Arm Neoverse, base de l’AGI CPU et de plusieurs plateformes hyperscale et datacenter, continue de monter. Les expéditions ont désormais dépassé 1,5 milliard de cœurs, dont les 500 derniers millions sur les neuf derniers mois, signe d’une progression rapide de la part de marché et de la valeur captée par Arm.

Arm s’appuie aussi sur une étude récente d’IDC, selon laquelle les dépenses sur les plateformes serveurs accélérées à base d’Arm ont presque doublé au cours des deux derniers trimestres et dépassé celles des plateformes x86. Le message est clair : pour l’infrastructure IA, Arm estime que le centre de gravité du marché est en train de se déplacer.
Le dossier prend d’ailleurs une autre dimension quand on le compare aux derniers signaux du marché serveur, où le CPU Vera de NVIDIA et l’essor des puces maison montrent que l’offensive ne se joue plus seulement sur les puces accélératrices.
Plusieurs annonces récentes vont dans ce sens. NVIDIA a indiqué que Vera était entré en production complète, avec jusqu’à 50 % de performances CPU en plus et une efficacité énergétique 2x supérieure à des systèmes x86 comparables. Google a confirmé que son CPU Axion basé sur Arm serait un élément central de sa stratégie d’infrastructure IA, notamment comme processeur hôte des systèmes TPU.
AWS a pour sa part annoncé un accord pluriannuel avec Meta pour déployer des dizaines de millions de cœurs Graviton5 afin d’alimenter des charges agentiques. Microsoft a étendu ses VM Azure Cobalt 200 basées sur Arm Neoverse CSS, tandis que Qualcomm a officialisé son entrée sur le marché des CPU IA pour datacenter avec le Dragonfly C1000.
Du cloud aux PC IA, Arm pousse sa plateforme sur toute la chaîne
Arm insiste sur un autre levier : l’extension de l’IA agentique au-delà du datacenter. Le groupe vise les AI PC mobiles, les plateformes agentiques hautes performances, mais aussi les véhicules, les robots, les systèmes industriels et les machines autonomes, des segments où le rapport performance par watt reste décisif.
NVIDIA a ainsi présenté RTX Spark, présenté comme la première plateforme PC agentique bâtie sur Arm CSS, capable d’exécuter localement des agents avancés et des modèles IA plus volumineux. Des systèmes basés sur RTX Spark sont attendus plus tard cette année chez Acer, ASUS, Dell, HP et Lenovo.
Dans le même temps, ces mêmes OEM continuent d’élargir l’écosystème Windows on Arm avec de nouveaux AI PC sous Qualcomm Snapdragon. NVIDIA a aussi renforcé sa plateforme d’IA physique avec Cosmos 3 et la plateforme robotique humanoïde Isaac GR00T, propulsée par Jetson Thor, qui combine un CPU Arm et un GPU NVIDIA Blackwell.
Sur le logiciel, Arm affirme désormais soutenir plus de 22 millions de développeurs. La société a récemment lancé Arm Performix, avec le support de Microsoft, MongoDB, Redis et SAP, pour analyser et optimiser les charges sur infrastructure Arm. Son Arm MCP Server, conçu pour intégrer l’expertise Arm dans les environnements de développement IA, a de son côté dépassé les 10 000 téléchargements Docker.




















Au fond, ce trimestre confirme un basculement plus large. Arm ne vend plus seulement une architecture omniprésente, mais une plateforme complète qui remonte dans la chaîne de valeur, des IP aux CSS, et désormais jusqu’au silicium. Si cette dynamique se maintient, la pression ne se limitera plus au x86 dans le cloud : elle s’étendra aussi aux PC IA et aux systèmes embarqués hautes performances.
Source : TechPowerUp