
Les réglages avancés des processeurs Ryzen s’apprêtent à franchir officiellement la frontière de Windows. AMD prépare une interface Linux native, mais ses premiers choix techniques imposent encore plusieurs contraintes.
AMD Overclocking Driver passe par le firmware Ryzen

L’ingénieur AMD Shyam Sundar S K a soumis une série de trois patchs sur la liste de diffusion platform-driver-x86. Baptisé AOD, pour AMD Overclocking Driver, ce nouveau pilote WMI communique avec la même interface firmware que Ryzen Master sous Windows.
Ses commandes sont exposées dans sysfs. Cette première implémentation donne accès aux limites PPT, TDC et EDC, ainsi qu’aux plages de valeurs prises en charge, à un réglage SMT au niveau de la plateforme et à une lecture seule de la fréquence mémoire.
Ryzen Master ne sera toutefois pas porté sur Linux. AMD adopte plutôt une approche comparable à celle de son pilote graphique amdgpu : l’entreprise fournit la couche noyau, tandis que l’interface utilisateur revient aux outils tiers comme CoreCtrl et aux environnements de bureau.
Des limites appliquées uniquement après redémarrage
Le fonctionnement diffère sensiblement de l’interface HSMP déjà disponible. Avec AOD, les modifications des limites de puissance sont enregistrées dans le firmware et ne prennent effet qu’après un redémarrage. HSMP les applique immédiatement, mais les perd au redémarrage suivant.
Les attributs PPT, TDC et EDC sont par ailleurs accessibles uniquement en écriture, le firmware ne renvoyant pas les valeurs réellement actives. Le commutateur SMT se comporte davantage comme une option du BIOS que comme le paramètre de démarrage nosmt du noyau.
Le firmware prendrait en charge davantage de commandes que celles intégrées aux trois patchs initiaux. Le périmètre du pilote pourrait donc s’élargir, à condition que les fonctions supplémentaires soient retenues au fil des révisions.
Une intégration au noyau encore sans calendrier
Les patchs restent en cours d’examen et AMD n’a pas précisé quelle version du noyau Linux pourrait les accueillir. Une application graphique complète paraît donc encore lointaine, même si cette base officielle facilitera à terme le travail de CoreCtrl et d’autres projets.
Ce choix sépare proprement le support matériel de l’interface graphique et évite à AMD d’entretenir un second Ryzen Master. En contrepartie, l’absence de lecture des limites actives et l’obligation de redémarrer réduisent, pour l’instant, l’intérêt d’AOD face aux ajustements dynamiques attendus d’un outil d’overclocking moderne.
Source : Phoronix