
La prochaine vague de suppressions de postes prévue en juillet chez Microsoft pourrait raviver une crise bien plus sensible qu’un simple ajustement d’effectifs. Plusieurs anciens employés liés à Xbox affirment que certains départs auraient déjà servi à écarter des salariés jugés gênants.
Xbox sous pression avant de nouveaux licenciements
Des réductions d’effectifs qualifiées de « significatives » ont récemment fuité, dans un contexte de baisse des revenus et de réorientation de la stratégie gaming de Microsoft. Un rapport de Game Developer ajoute désormais une autre dimension au dossier : la crainte de licenciements à caractère rétaliatoire lors de cette nouvelle vague attendue en juillet.
Pour mesurer l’ampleur du virage en cours chez Microsoft, il faut aussi regarder comment la pression sur les effectifs s’inscrit dans des objectifs plus larges de rentabilité pour Xbox, comme le détaille la stratégie de marge à 30 % chez Xbox.
Quatre anciens salariés Xbox ont expliqué à la presse avoir été visés après avoir signalé ou contesté des comportements qu’ils jugent toxiques. Ce n’est pas la première fois que ce type d’accusation vise la branche gaming de Microsoft : Glenn Israel, ancien art director de Halo Studios, avait déjà évoqué publiquement du harcèlement et des représailles après son départ.
Des témoignages qui pointent la chaîne hiérarchique
L’un des anciens employés d’une filiale Xbox affirme avoir été licencié après avoir servi de témoin dans une enquête interne portant sur des violences verbales attribuées à un cadre. Après l’enquête RH, ce responsable aurait cherché à identifier ce salarié au moment d’une vague de suppressions de postes.
Un autre témoin dit avoir été placé sous performance improvement plan, ou PIP, après avoir été accusé de lui avoir « manqué de respect ». D’après ce récit, le choix présenté était clair : accepter le PIP ou quitter volontairement l’entreprise.
Le cas d’une demande d’aménagement liée au handicap
Un troisième témoignage met en cause un dirigeant d’un studio rattaché, accusé d’avoir exercé des représailles après le dépôt d’une demande d’aménagement au titre de l’ADA, la législation américaine sur le handicap. À ce stade, Xbox n’a pas répondu publiquement à ces accusations.
Glenn Israel conseille aux employés actuels ayant déjà signalé des faits impliquant des supérieurs de conserver traces, échanges et éléments de preuve, et d’alerter proactivement les RH sur le fait qu’une éventuelle suppression de poste pourrait être interprétée comme une mesure de représailles au vu du contexte.
Si ces récits devaient se multiplier au moment des coupes de juillet, Microsoft s’exposerait à un problème plus large qu’une simple réorganisation de sa division jeu vidéo. Pour Xbox, l’enjeu touche autant à la gouvernance interne qu’à la capacité du groupe à stabiliser ses studios dans une phase stratégique déjà fragilisée.
Source : TechPowerUp