
Une RTX 5090 poussée jusqu’à 800 W sans reprogrammer sa mémoire flash change sensiblement les règles du modding. Trois outils permettent désormais de charger des paramètres altérés au démarrage, avec une méthode réversible mais loin d’être anodine.
Le VBIOS GeForce RTX chargé comme une substitution

Le développeur Panchovix a publié trois utilitaires destinés aux GeForce RTX 50, RTX 40 et RTX 30. Le premier est un éditeur de VBIOS pour Windows et Linux, capable de modifier les limites de puissance, les plafonds de tension, les seuils de courant OCP, les canaux de ventilation ainsi que les plages d’offset du GPU et de la mémoire.
L’image conserve la signature NVIDIA d’origine, qui ne correspond cependant plus au contenu modifié. Elle ne peut donc pas être écrite avec nvflash. Des outils patchés avaient déjà contourné le verrou de signature de NVIDIA en 2023 pour autoriser le crossflash, mais la nouvelle méthode évite entièrement cette opération.
Deux chargeurs, deux approches techniques

Sous Windows, le chargeur enregistre l’image éditée dans la clé de registre du pilote associée au GPU. Le pilote l’utilise ensuite comme substitution à chaque initialisation du périphérique, une simple relance du GPU suffisant pour appliquer les changements.
La version Linux patche pour sa part les modules noyau ouverts de NVIDIA afin que le firmware GSP démarre avec l’image personnalisée. À ce stade, seule Fedora 43 a été testée sur du matériel réel.

De 700 W sur RTX 5090 à 750 W sur RTX 4090
Les captures montrent un ROM qui semble provenir d’une RTX 5090 Founders Edition. Son plafond de puissance passe de 600 à 700 W, tandis que les tensions maximales NVVDD et MSVDD évoluent de 1 110 à 1 150 mV.
Sur une RTX 4090, le plafond grimpe de 666 à 750 W et la plage d’offset du GPU est doublée pour atteindre +2 000 MHz. Une vérification ultérieure avec nvidia-smi confirme le passage de la limite de puissance de cette carte de 550 à 671 W.
Panchovix rapporte également avoir atteint 800 W sur une RTX 5090. Une RTX 5080 est passée de 360 à 500 W et une RTX 5060 Ti de 185 à 300 W lors de ses propres essais.
Les GeForce RTX 40 mobiles ne sont pas encore prises en charge par l’éditeur. Les timings mémoire restent eux aussi hors de portée, car la carte les lit directement depuis sa puce flash.
Une voie encore ouverte dans les pilotes NVIDIA
Le chargeur Windows exige le pilote 616.56 ou une version plus récente. Ce prérequis interpelle puisque NVIDIA avait bloqué, par une mise à jour publiée en août, le déverrouillage des limites de puissance des RTX 50 proposé par mVolt+.
Le nouvel outil écrit d’ailleurs les mêmes valeurs de registre que mVolt+ pour charger un VBIOS. Rien n’indique encore si NVIDIA compte fermer cette autre voie. Les deux chargeurs sont open source, alors que la page GitHub de l’éditeur mentionne des exécutables propriétaires.

L’absence de flashage réduit le risque de rendre définitivement la carte inutilisable, mais elle ne protège ni l’étage d’alimentation ni le GPU d’un réglage excessif. L’auteur recommande de conserver une copie du ROM d’origine et d’effectuer les essais sur une carte qui ne pilote pas l’affichage.
Cette méthode déplace surtout le rapport de force vers le pilote et le firmware GSP : le modding redevient accessible sans intervention permanente sur la carte, mais dépend désormais d’un comportement logiciel que NVIDIA peut corriger. Les gains intéresseront avant tout l’overclocking extrême, les plafonds annoncés dépassant largement les capacités thermiques et électriques pertinentes pour un usage quotidien.
Source : Panchovix on Reddit