
Lenovo commence à faire entrer de la NAND chinoise dans ses configurations européennes, en plein emballement des prix du stockage. Le signal est discret, mais il dit beaucoup de l’état actuel de la chaîne d’approvisionnement.
Un SSD YMTC repéré dans un ThinkBook 14 G9 vendu en Allemagne
Un test publié par Notebookcheck sur le ThinkBook 14 G9 montre qu’une configuration commercialisée en Allemagne embarque un SSD signé YMTC. C’est une première pour un portable Lenovo vendu hors de Chine continentale, alors que le constructeur avait jusque-là réservé certains composants mémoire chinois à son marché domestique.
Le contexte compte. Les prix des SSD ont fortement grimpé ces derniers mois en raison d’une pénurie marquée de modules de NAND Flash, un marché encore dominé par quelques acteurs comme Samsung, SK hynix, Micron ou Kioxia.
Le cas prend une autre couleur lorsqu’on regarde la pièce elle-même, avec le SSD PC550 de YMTC en format M.2 2242, qui montre jusqu’où le fabricant veut aller sur le marché client.
Une fiche technique modeste, mais exploitable
Le modèle observé par Notebookcheck utilise un SSD NVMe PCIe 4.0 au format M.2 2242 de 512 Go. Les mesures relèvent 3 950 MB/s en lecture séquentielle et 2 514 MB/s en écriture séquentielle, des chiffres jugés sous la moyenne pour un portable bureautique, mais suffisants pour un usage courant.
YMTC pousse désormais sa technologie Xtacking 4.0 en production de volume, avec des modules de 1 To en TLC ou 2 To en QLC. Pour Lenovo, cela ouvre une source d’approvisionnement supplémentaire au moment où les fabricants de PC cherchent surtout à sécuriser des volumes.
Lenovo limite pour l’instant cette intégration au marché allemand
Dans une mise à jour datée du 14 juillet à 12:45 UTC, Lenovo a précisé que seuls les SKU vendus en Allemagne sont concernés par ce SSD YMTC. Les configurations destinées aux États-Unis continuent d’utiliser des SSD classiques, non fournis par YMTC.
Le constructeur avait déjà été vu avec de la DRAM CXMT, mais uniquement sur des modèles chinois. Le passage de la NAND YMTC sur un produit vendu en Allemagne marque donc une étape supplémentaire dans la diffusion internationale des composants mémoire chinois.
Une pression croissante sur l’équilibre du marché mémoire
Le mouvement dépasse Lenovo. Apple chercherait lui aussi à obtenir l’accord des autorités américaines pour utiliser la mémoire du fabricant chinois sanctionné CXMT. Plus tôt, des informations faisaient déjà état de discussions avec CXMT et YMTC pour de futurs iPhone 18, mais aussi potentiellement pour des MacBook et d’autres Mac.
Si YMTC parvient à placer ses puces dans des machines vendues hors de Chine avec des performances simplement correctes et des capacités suffisantes, la bataille ne se jouera pas d’abord sur le haut de gamme. Elle se jouera sur la disponibilité, les coûts et la capacité à absorber une demande que les acteurs historiques peinent aujourd’hui à couvrir.
Source : TechPowerUp