
À 250 $, soit environ 230 €, une vieille carte de minage recyclée fait apparaître un PC Linux compact basé sur un APU de classe PS5. Le plus intéressant n’est même plus le tarif : certains exemplaires peuvent exposer les 40 CU du GPU RDNA 2 via un correctif logiciel.
BC-250 : une base PS5 détournée pour le jeu sous Linux
L’intérêt autour du BC-250 a repris avec l’arrivée de la Steam Machine de Valve, affichée à 1 049 $ en version 512 Go et 1 349 $ avec 2 To, soit environ 965 € et 1 240 €. En Europe, la machine est listée à 1 039 € et 1 359 €.

Le BC-250 n’est pourtant pas nouveau. Les premières publications sur cette plate-forme remontent à 2022, mais deux évolutions récentes l’ont rendue plus crédible : le déblocage des unités GPU supplémentaires et une meilleure prise en charge logicielle sous Linux.
Cette carte apparaissait auparavant entre 100 et 120 $, avec une hausse récente des prix à mesure que les montages gaming se multiplient. The Phawx a assemblé une configuration complète à 250 $, soit environ 230 €, avec la carte, le boîtier, l’alimentation, les ventilateurs, le bouton d’alimentation et un SSD SATA de 128 Go. Au-delà de 300 $, environ 275 €, il estime l’opération beaucoup moins pertinente.
Techniquement, le BC-250 est une carte de minage conçue autour d’un silicium récupéré de classe PlayStation 5. Ce n’est pas une carte graphique, mais un ordinateur monocarte complet avec 6 cœurs Zen 2, 12 threads, 16 Go de GDDR6 soudés et un GPU configuré par défaut avec 24 Compute Units.
Jusqu’à 40 CU activables, mais pas sur tous les exemplaires
L’APU de la PS5 contient physiquement 40 CU, dont 36 utilisés sur la console. Certains BC-250 semblent souffrir de défauts concentrés côté CPU tout en conservant davantage d’unités fonctionnelles sur la partie graphique, ce qui ouvre la voie à une activation plus large du GPU.
Le déblocage reste logiciel et temporaire
Un patch du noyau Linux peut modifier les masques d’énumération et d’exécution du GPU pour exposer les 40 CU. Un gestionnaire plus récent permet aussi d’activer les unités valides sans recompiler le noyau, mais toutes les cartes ne tiennent pas avec 40 CU actifs.
Reste que ce petit PC recyclé s’inscrit dans une série d’expérimentations Linux sur matériel PlayStation, et les progrès récents de PS5 Linux sur PS5 Slim montrent jusqu’où ces détournements peuvent encore aller.
Il ne s’agit pas d’un déblocage permanent. Le script est exécuté au démarrage et applique l’activation pour la session en cours ; sans lui, la puce revient à sa configuration par défaut.
The Phawx a testé son exemplaire avec 40 CU à 2,2 GHz et le CPU 6 cœurs à 4,1 GHz. La bande passante mémoire mesurée atteint environ 410 Go/s. Même avec undervolting et un conduit d’air maison, la carte refroidie par air monte toutefois près de 90 °C en charge prolongée.
Une machine correcte en 1080p, avec des limites très claires
En jeu, le BC-250 modifié se comporte surtout comme une machine 1080p à 60 FPS. God of War Ragnarök, Indiana Jones and the Great Circle, Resident Evil Requiem, Cyberpunk 2077, Returnal et Doom: The Dark Ages sont jouables après ajustement des réglages.
Le GPU encaisse souvent des paramètres visuels plus élevés, mais le CPU Zen 2 amputé à 6 cœurs pénalise les performances minimales. Les fréquences d’affichage élevées restent donc difficiles à viser de manière stable.
Une fois configuré, l’ensemble s’approche d’un PC Linux dérivé d’une PS5, sans firmware de console ni jailbreak. On peut y installer Linux, Steam, des jeux PC standards, des émulateurs et des applications de bureau, avec l’avantage d’avoir déjà 16 Go de mémoire partagée GDDR6 intégrés.
Il faut en revanche accepter les contraintes matérielles. Le BC-250 a été pensé pour des racks de minage passifs, pas pour un boîtier PC classique : il demande un flux d’air forcé, une alimentation, du stockage, un châssis adapté et une configuration Linux. The Phawx utilise deux ventilateurs de 120 mm avec un shroud artisanal sur le radiateur d’origine. La sortie vidéo se limite au DisplayPort, avec le risque de perdre certaines fonctions comme le VRR via adaptateur HDMI.
Le résultat n’a évidemment rien d’un produit prêt à l’emploi face à la machine de Valve, plus compacte, silencieuse et supportée. En revanche, pour un usage secondaire dans le salon et à condition d’accepter le bricolage logiciel comme thermique, ce type de carte montre qu’il existe une vraie demande pour un PC Linux compact fondé sur un matériel de classe PS5 à bas coût.
Source : VideoCardz