
Le changement de vocabulaire impulsé par Washington gagne déjà l’empire d’Elon Musk. Derrière cette nouvelle étiquette se dessine surtout une infrastructure de calcul colossale, susceptible d’associer SpaceX, Tesla, Intel et TSMC.
SpaceXSI, un changement de nom très politique
Elon Musk s’est dit prêt à rebaptiser SpaceXAI en SpaceXSI, tout en déclarant que « SpaceX est une entreprise de super intelligence ». Cette prise de position s’inscrit dans le sillage de Donald Trump, qui a demandé le 22 septembre à l’administration américaine d’employer « super intelligence », ou SI, à la place d’intelligence artificielle.
Le président américain a également présenté une initiative baptisée Super Intelligence Force (SIF). Celle-ci doit assurer la liaison entre le gouvernement fédéral et l’industrie autour des technologies de SI.
Terafab pourrait faire entrer TSMC dans la boucle
Au-delà du rebranding, SpaceX et Tesla discutent avec TSMC d’une éventuelle coopération autour de Terafab. Le projet vise une capacité annuelle d’au moins 1 térawatt de calcul IA, destinée aux robots Optimus, aux véhicules autonomes et à de futurs centres de données IA installés dans l’espace.
La première phase est en construction dans le comté de Grimes, au Texas, avec un investissement initial de 16,8 milliards de dollars, soit environ 15,5 milliards d’euros à titre indicatif. Le déploiement complet pourrait dépasser 100 milliards de dollars, environ 92 milliards d’euros.
Intel 14A, packaging avancé et production américaine
Intel a officiellement rejoint l’initiative Terafab en avril 2026. Le groupe prévoit de mobiliser son procédé Intel 14A et ses technologies avancées de packaging afin de relocaliser aux États-Unis une partie de la production de semi-conducteurs de pointe.
TSMC étudierait de son côté l’exploitation d’une usine au Texas, avec Terafab comme client de référence. L’accord pourrait prendre la forme d’une participation au capital, d’engagements d’achat, ou d’une combinaison des deux, afin de répartir le poids financier du projet.
NVIDIA au centre de l’infrastructure de calcul
Une implication de TSMC conforterait aussi la place de NVIDIA dans l’infrastructure de SpaceXAI, Elon Musk lui ayant accordé une position exclusive. Les GPU NVIDIA sont fabriqués chez le fondeur taïwanais, ce qui rend cette coopération industrielle cohérente avec l’architecture envisagée.
Cette expansion américaine aurait toutefois un coût. TSMC estime que les wafers produits en Arizona reviennent 30 à 40 % plus cher que ceux fabriqués à Taïwan. Une nouvelle implantation texane renforcerait donc la résilience géographique de la chaîne d’approvisionnement, mais alourdirait vraisemblablement sa structure de coûts.
Le nom SpaceXSI relève pour l’instant davantage du symbole que d’une réorganisation documentée. Terafab constitue l’enjeu concret : réunir conception de systèmes, fabrication avancée, packaging et capacités énergétiques à une échelle rarement envisagée, avec une dépendance persistante envers TSMC malgré l’objectif affiché de souveraineté industrielle américaine.
Source : Wccftech