
La pénurie persistante de mémoire contraint Tesla à revoir nettement les caractéristiques de ses prochaines puces d’IA. Elon Musk assure toutefois que cette coupe franche ne réduira pas les performances du robot humanoïde Optimus.
Tesla AI5 tombe à 72 Go de LPDDR5
La puce Tesla AI5 n’embarquera finalement que 72 Go de LPDDR5, contre 144 Go prévus initialement. Sa capacité mémoire est donc divisée par deux afin de faciliter le passage à une production en volume dans un marché toujours soumis à de fortes tensions d’approvisionnement.
AI5 repose sur un format physique d’un demi-réticule. Son grand die central concentre les unités de calcul, tandis que 12 modules de DRAM prennent place en périphérie. Sa fabrication en 2 nm doit être partagée entre TSMC et Samsung.
Tesla vise une puissance comprise entre 2 000 et 2 500 TOPS. D’après les précédentes indications d’Elon Musk, une configuration à une puce serait approximativement comparable à un GPU NVIDIA H100, tandis qu’une déclinaison à deux puces pourrait rivaliser avec Blackwell.
La production d’essai a déjà commencé dans l’usine Samsung de Taylor, au Texas. La production en volume reste attendue en 2027.
AI6 ramenée à 144 Go de LPDDR6
La future AI6 subit également une réduction, mais moins sévère : sa dotation en LPDDR6 est ramenée d’environ un tiers à 144 Go. Les puces AI6 et AI6.5 devraient, elles aussi, être produites par TSMC et Samsung.
Cette baisse de DRAM doit être compensée en partie par une quantité importante de SRAM. Elon Musk indiquait en avril qu’environ la moitié des accélérateurs de calcul TRIP des deux puces était dédiée à cette mémoire, avec une bande passante effective annoncée comme dix fois supérieure à celle de la DRAM pour les opérations conservées dans le cache SRAM.
Optimus et le FSD conserveraient leurs performances
Tesla destine AI5 et AI6 à sa pile de calcul pour la conduite autonome FSD ainsi qu’à Optimus. Elon Musk affirme que la réduction de mémoire n’affectera pas les performances du robot, sans détailler les optimisations matérielles ou logicielles permettant de maintenir les objectifs initiaux.
Cette décision tranche avec les projections de Micron. Le fabricant estime que chaque robot humanoïde pourrait nécessiter environ 200 Go de DRAM et plusieurs téraoctets de NAND. Lors de sa présentation de résultats, le groupe a ajouté que l’« IA physique » pourrait devenir un moteur important de la demande en mémoire et en stockage d’ici la fin de la décennie.
Le choix de Tesla illustre un arbitrage industriel plus large : une architecture théoriquement plus généreuse n’a guère d’intérêt si les volumes de mémoire empêchent sa fabrication à grande échelle. La place accordée à la SRAM et l’efficacité du placement des données seront donc déterminantes pour vérifier si AI5 et AI6 peuvent réellement absorber cette réduction sans dégrader la latence ni les charges de travail d’Optimus.
Source : Wccftech