
La maîtrise industrielle qui a bouleversé le coût des lancements pourrait désormais gagner les infrastructures réseau. En internalisant des composants optiques critiques, le groupe sécuriserait à la fois Starlink et ses ambitions massives dans le calcul IA.
SpaceX étudie une production interne de fibre optique

Une interview d’expert publiée sur la newsletter WK affirme que SpaceX envisage de fabriquer ses propres câbles et équipements à fibre optique. L’information reste à confirmer, mais la logique rappelle celle employée avec les lanceurs Falcon puis Starship : produire en interne les éléments stratégiques afin de maîtriser les coûts, les volumes et les délais.
SpaceX avait notamment développé le moteur Merlin pour Falcon, alors que United Launch Alliance, l’alliance de Boeing et Lockheed Martin, dépendait de motoristes externes. Avec Starship, cette intégration s’étend des réservoirs aux moteurs Raptor, dont le Raptor 3 a réalisé son premier allumage en août 2024.

Pour ses besoins optiques, l’entreprise s’approvisionnerait actuellement auprès de Corning, Hengtong et YOFC, acronyme de Yangtze Optical Fiber and Cable. Les deux derniers groupes sont chinois et fabriquent aussi bien de la fibre que des transceivers optiques.
Les transceivers chinois sous pression réglementaire
Ces transceivers convertissent les signaux électriques en signaux lumineux, une fonction indispensable aux réseaux télécoms comme aux interconnexions de data centers. Leur origine chinoise suscite toutefois des préoccupations de sécurité aux États-Unis, poussant SpaceX à rechercher d’autres circuits d’approvisionnement.
Une fabrication interne réduirait cette exposition réglementaire tout en donnant au groupe davantage de contrôle sur les composants nécessaires à Starlink. Elle pourrait également alimenter directement ses futures infrastructures de calcul, particulièrement gourmandes en liaisons optiques à haut débit.
10 GW de calcul IA, dont 60 % réservés en interne

Le même rapport évoque un déploiement initial de 10 GW de capacité destinée à l’IA. Environ 60 % seraient réservés aux besoins de SpaceX, Tesla et xAI, tandis que les 40 % restants pourraient servir de grands clients du secteur, parmi lesquels Google et Anthropic.
L’objectif grimperait à 20 GW en 2028, avec un portefeuille de clients appelé à s’élargir. La feuille de route mentionnée prévoit aussi le lancement du data center Star Mine en 2027, puis la construction d’un centre de données lunaire en 2028 avec l’aide des robots humanoïdes Optimus de Tesla.
Ces dernières projections doivent être considérées avec prudence, puisqu’elles proviennent d’un témoignage d’expert et non d’une communication officielle. Elles dessinent néanmoins une stratégie cohérente : transformer une dépendance critique aux fournisseurs optiques en avantage industriel, puis mutualiser ces infrastructures entre Starlink, xAI, Tesla et d’éventuels clients externes.
L’enjeu dépasse le simple câble. À cette échelle, contrôler les interconnexions permettrait à SpaceX de réduire les risques géopolitiques et les goulets d’étranglement, mais aussi de rapprocher ses réseaux satellitaires de ses capacités de calcul. Reste à savoir si l’entreprise peut reproduire dans l’optique l’intégration verticale réussie dans les moteurs-fusées, sur un marché déjà dominé par des spécialistes disposant de décennies de savoir-faire.
Source : Wccftech