
La Corée du Sud prépare une montée en puissance industrielle rare, avec un effort cumulé de 1 350 trillions de wons, soit environ 870 milliards de dollars, l’équivalent d’environ 810 milliards d’euros à titre indicatif. À cette échelle, l’objectif dépasse largement l’ajout de lignes de production : il s’agit de verrouiller le leadership du pays sur la mémoire et le stockage pour la prochaine décennie.
Semi-conducteurs : un plan massif sur dix ans
Samsung et SK hynix comptent étendre leurs capacités de production sur dix ans, avec un périmètre qui couvre la mémoire, le stockage et la logique. Chez SK hynix, l’enveloppe vise la DRAM et la NAND Flash. Chez Samsung, elle concerne la DRAM, la NAND Flash ainsi que les activités logiques de la division LSI.
Le vrai enjeu se lit aussi dans l’écosystème qui entoure ces usines, car la demande en mémoire tirée par l’IA peut vite déplacer l’équilibre du marché, comme le montre l’alerte de SK Group sur l’offre DRAM face à l’IA.
Le projet ne se limite pas à construire de nouvelles fabs pour augmenter le volume de wafers. Il inclut aussi des data centers dédiés à l’IA, des batteries, la fabrication d’écrans, les équipements de production de puces, la gravure, les photomasques et d’autres briques de la chaîne industrielle.
Des objectifs précis sur la DRAM, la NAND et les outils EUV
Premier jalon fixé par le gouvernement sud-coréen : doubler la capacité de production de DRAM d’ici cinq ans et relever sensiblement celle de la NAND Flash. À l’horizon des dix ans, Samsung et SK hynix ajouteront ensemble 4 à 5 usines de semi-conducteurs sur leurs sites sud-coréens, avec à la clé une hausse majeure de capacité et de création d’emplois.
ASML au cœur de l’expansion
SK hynix prévoit d’installer 20 machines EUV Low-NA supplémentaires d’ici 2027, ainsi que 2 machines High-NA fournies par ASML. De son côté, Samsung a commandé 7 unités EUV Low-NA à installer d’ici la fin 2027. Le groupe intègre aussi des équipements High-NA EUV dans ses futures lignes de production et affirme déjà en tirer des bénéfices significatifs.
Ce calendrier reste ambitieux, mais l’étalement sur dix ans donne à l’État sud-coréen comme aux deux industriels une marge d’exécution réaliste. Pour le marché, le signal est clair : la bataille de capacité sur la mémoire ne se jouera pas uniquement sur les nœuds de gravure, mais aussi sur la maîtrise des outils EUV, de l’infrastructure et de l’écosystème complet autour des fabs.
Source : TechPowerUp