
Un PC portable Windows peut désormais réunir 128 Go de mémoire unifiée et 1 pétaflop de calcul IA FP4. NVIDIA veut ainsi déplacer les modèles lourds, les agents et une partie des traitements créatifs du cloud vers la machine locale.
RTX Spark réunit Blackwell et Grace
Le « superchip » associe un GPU NVIDIA Blackwell RTX à un CPU NVIDIA Grace conçu avec la contribution de MediaTek. Cette puce personnalisée vise à concilier performances, connectivité et efficacité énergétique dans des châssis fins, avec une autonomie annoncée pour la journée.
La mémoire partagée, proposée jusqu’à 128 Go, doit permettre d’exécuter simultanément de grands modèles locaux et des projets créatifs exigeants. NVIDIA avance également jusqu’à 1 pétaflop en FP4, tout en intégrant CUDA, DLSS, OptiX, Reflex, G-SYNC, TensorRT et l’accélération vidéo matérielle.
Jensen Huang présente cette architecture comme la réunion de l’IA NVIDIA, des graphismes RTX et de CUDA au sein d’un même ordinateur Windows. Microsoft inscrit ces machines dans sa stratégie « d’intelligence hybride », avec des traitements locaux lorsque cela se justifie et un recours au cloud lorsque nécessaire.
Des agents locaux aux flux créatifs 8K
RTX Spark prend en charge GitHub Copilot, Hermes, OpenClaw, Perplexity, Pi et WorkBuddy. Des assistants d’installation guidée doivent permettre de les déployer sans ligne de commande, tandis que le traitement local conserve davantage de code, de contexte et de données sur l’appareil.
NVIDIA ajoute Nemotron 3.5 Bolt 74B-A9B 24 GB, un modèle de 74 milliards de paramètres optimisé pour l’appel d’outils et les tâches en plusieurs étapes. OpenShell et les Microsoft Execution Containers encadrent les autorisations des agents, qui peuvent exploiter des compétences NVIDIA pour piloter Broadcast, RTX Remix ou les bibliothèques Omniverse.
Un agent compatible pourra, par exemple, ajuster les effets de NVIDIA Broadcast pendant une diffusion ou traiter par lots des séquences enregistrées. NVIDIA PAIR permettra aussi à un RTX Spark de fournir de l’inférence IA à des machines Windows, Linux et macOS compatibles sur le réseau domestique, sans monopoliser les autres PC dédiés à la création ou au jeu.
Pour les créateurs, NVIDIA évoque le montage de vidéos 8K 4:2:2 et le rendu de scènes 3D atteignant 90 Go, y compris sur batterie. Adobe prépare une accélération TensorRT des fonctions IA de Photoshop, Premiere et Substance 3D ; les deux premiers disposeront d’une prise en charge native en bêta au lancement, Substance devant suivre.
Premiere bénéficiera notamment d’accélérations pour la lecture, le rendu, les effets et l’étalonnage. NVIDIA Broadcast 2.3 pourra supprimer le bruit d’enregistrements existants et modifier la voix avec Studio Voice Mic Profiles, tandis que les fonctions bêta RTX Video annoncent une super-résolution jusqu’en 4K et une génération d’images multipliée par quatre.
Dans ComfyUI, de nouveaux nœuds RTX Video transformeront une vidéo générée à 15 FPS en séquence à 60 FPS et pourront la convertir en HDR, sans facturation d’inférence cloud à l’usage.
Un environnement Windows on Arm pensé pour CUDA
Le développement, le test et le prototypage doivent pouvoir rester sur une seule machine grâce à CUDA natif, Windows Developer Config et Windows Subsystem for Linux. Les applications obtenues pourront ensuite être déployées sur plus de 150 millions de PC NVIDIA RTX AI ainsi que sur les GPU NVIDIA dans le cloud.
Le dépôt open source NVIDIA Skills apprend aux agents à employer les outils et bibliothèques CUDA-X, y compris sans expertise CUDA préalable. NVIDIA et Microsoft annoncent aussi la première version PyTorch-CUDA pour Windows on Arm, la première compilation Python native par défaut, le premier installateur Conda natif et la compatibilité avec 97 % des 15 000 principaux paquets Python. GitHub Copilot et Pi figurent parmi les agents de programmation pris en charge.
Jeux compatibles et PC disponibles dès 2 599 dollars
La partie graphique Blackwell apporte DLSS, ray tracing, G-SYNC et Reflex aux mêmes machines. La compatibilité annoncée au lancement couvre notamment Cyberpunk 2077, Fortnite, Gears of War: E-Day, Marvel Rivals, World of Warcraft et NBA 2K27.
NBA 2K27 exploite DLSS 5 et sa fonction 3D-Guided Neural Rendering pour améliorer l’éclairage et le rendu des matériaux. Un nouveau modèle IA deux fois plus rapide, disponible dès aujourd’hui, doit augmenter les fréquences d’images de DLSS 5 jusqu’à 1,4 fois.
Les premiers modèles sont commercialisés mondialement par ASUS, Dell, HP, Lenovo, Microsoft et MSI, sur leurs sites et auprès des principaux revendeurs. Le tarif débute à 2 599 dollars, soit environ 2 390 euros hors taxes et ajustements régionaux, avec des prix et configurations variables selon les marchés. Une offre temporaire vise également les nouveaux utilisateurs de Perplexity.
La gamme comprend les ASUS ProArt P14 et P16, le Dell XPS 16, les HP OmniBook Ultra et OmniBook X 14, le Lenovo Yoga Pro 9n, le Microsoft Surface Laptop Ultra ainsi que les MSI Prestige N16 Flip AI+ et Prestige N16.
Cette plateforme dépasse le simple renouvellement du PC RTX : elle rapproche Windows on Arm de l’écosystème CUDA tout en faisant de la mémoire unifiée un argument central. Son adoption dépendra toutefois des performances réelles sur batterie, de la maturité des applications natives et du positionnement tarifaire européen.
Source : NVIDIA