
La course à la densité en flash franchit un nouveau palier, avec un bond annoncé de 60 % sur une seule génération de référence. Derrière cette progression, Kioxia et Sandisk visent clairement les infrastructures IA et cloud, où capacité, bande passante et consommation doivent désormais avancer ensemble.
Une nouvelle QLC NAND à 332 couches
Kioxia Corporation, filiale de Kioxia Holdings Corporation, et Sandisk Corporation ont dévoilé leur mémoire flash 3D QLC de 10e génération. Cette nouvelle architecture monte à 332 couches et revendique une hausse de densité binaire pouvant atteindre 60 % par rapport à la 8e génération, avec une densité supérieure à 37 Gb/mm².
Les deux groupes s’appuient à nouveau sur leur technologie CMOS directly Bonded to Array, ou CBA. Le principe reste le même : fabriquer séparément la logique CMOS et la matrice mémoire sur deux wafers distincts, puis les assembler via un bonding wafer-to-wafer à très haute précision.
D’après Kioxia et Sandisk, cette approche améliore à la fois la montée en densité, les performances et l’efficacité de fabrication. Le nouveau floorplan a également été optimisé pour soutenir cette progression sur une mémoire QLC, par nature plus exigeante en gestion d’erreurs et en latence que des cellules TLC.
Interface à 4,8 Gb/s et gains d’efficacité énergétique
L’autre point clé de cette 10e génération tient à son interface NAND, qui atteint 4,8 Gb/s. Kioxia et Sandisk parlent ici de la première technologie de flash 3D QLC du secteur à atteindre ce niveau, grâce à la combinaison de Toggle DDR6.0 et du protocole Separate Command Address ou SCA.
Pour mesurer le chemin parcouru côté TLC avant cette bascule en QLC, un détour par l’échantillonnage BiCS10 de Sandisk en 332 couches éclaire bien la montée en cadence des deux partenaires.
Les deux entreprises annoncent aussi une hausse des débits en lecture et en écriture par rapport à leur 8e génération. Elles ajoutent un mécanisme baptisé Power-Isolated Low-Tapped Termination, ou PI-LTT, censé améliorer l’efficacité énergétique lors des transferts I/O en sortie de données.
Une réponse directe aux besoins de l’IA et du cloud
Le discours est explicite : cette mémoire vise les charges IA, de l’entraînement à l’inférence, ainsi que les datacenters hyperscale. Hideshi Miyajima, CTO de Kioxia, explique que l’extension des usages de l’IA, du génératif à l’agentique et à la physical AI, impose des solutions de stockage capables d’absorber des volumes de données en forte expansion tout en améliorant les performances et la scalabilité.
Chez Sandisk, le CTO Alper Ilkbahar met en avant la même pression sur le triptyque capacité, performances, rendement énergétique. Les deux acteurs estiment que cette 10e génération redéfinit l’enveloppe de la QLC sur ces trois axes à la fois, avec un objectif clair : servir de base à des infrastructures de nouvelle génération à très forte capacité.
Sur le fond, cette annonce confirme surtout que la QLC continue de monter en gamme dans les segments où le coût par bit et la densité priment. Si les promesses sur la bande passante et l’efficacité se traduisent correctement en produits commerciaux, cette 10e génération pourrait accélérer son adoption dans les SSD orientés IA, stockage chaud et cloud, bien au-delà du simple archivage capacitif.
Source : TechPowerUp