
Le jeu Windows sous Linux continue de gagner en maturité, avec des bénéfices qui ne se limitent plus à la simple compatibilité. La nouvelle bêta de Valve ajoute à Proton des briques attendues de Wine 11, pendant qu’une variante ARM64 esquisse déjà l’après-x86.
Proton 11 récupère les avancées les plus attendues de Wine 11
Le changelog de Valve fait apparaître Proton 11 Beta, une branche qui s’appuie sur Wine 11. Repérée notamment par Brad Lynch sur X, cette évolution embarque les changements introduits à la mi-mars, dont le support du pilote noyau NTSync.

Sur le plan technique, NTSync déplace une partie de l’émulation des bibliothèques Windows NT vers un pilote kernel. L’objectif n’est pas de promettre une hausse générale des FPS, mais de réduire l’overhead CPU et de corriger certains cas où esync et fsync montraient leurs limites.
Dans la pratique, le gain attendu concerne surtout la régularité. Plusieurs retours évoquent une meilleure fluidité perçue, avec des progrès potentiels sur les 1 % low et 0,1 % low, donc sur la constance du frame pacing plus que sur le pic de performance.

Une déclinaison ARM64 pensée pour le Steam Frame
Valve a aussi ajouté une configuration nommée Proton 11.0 (ARM64). Il s’agirait de la version destinée au Steam Frame, le casque VR autonome de la marque, afin d’exécuter des jeux conçus pour x86 sur une base matérielle Arm.
Le cas d’usage le plus évident reste donc le Steam Frame, qui fonctionne sous une version modifiée de SteamOS, elle-même basée sur Linux. Mais cette couche pourrait aussi intéresser d’autres appareils Arm suffisamment puissants, comme certains handhelds Android orientés jeu.
Valve prépare un écosystème plus large que le Steam Deck
Valve avait déjà détaillé les exigences et le système de compatibilité prévus pour le Steam Frame. L’ensemble apparaît plus complexe que le programme actuel Steam Deck Verified, ce qui n’a rien d’étonnant pour un appareil VR autonome, soumis à la fois aux contraintes de performances, d’interface et de traduction d’architecture.
Ce double mouvement est intéressant pour Valve. D’un côté, Proton 11 renforce encore la viabilité de Linux comme plateforme de jeu ; de l’autre, l’arrivée d’une couche ARM64 montre que l’entreprise ne raisonne plus seulement à l’échelle du PC portable x86, mais en fonction d’un catalogue Steam capable de survivre à plusieurs architectures matérielles.
Source : TechPowerUp