
L’ancienne génération de mémoire se renchérit plus rapidement que sa remplaçante, signe d’un marché toujours profondément déséquilibré. Pour Micron, le retour à une offre confortable pourrait même attendre l’année calendaire 2029.
Les prix DDR4 accélèrent plus vite que la DDR5

Les données de Barclays montrent qu’en octobre, les prix contractuels des puces DDR4 ont augmenté de 4 % sur un mois et de 24 % sur trois mois. Sur les mêmes périodes, la DDR5 a progressé respectivement de 3 % et 20 %.
La dynamique reste également soutenue sur le marché au comptant. Les prix spot de la DDR5 ont gagné 8 % sur un mois en octobre, dans un contexte où les nouveaux accords d’approvisionnement suivent désormais davantage les conditions réelles du marché que les anciens mécanismes de prix plancher et plafond.
Barclays relève ainsi une visibilité accrue pour les fabricants, favorisée par les contrats de long terme conclus face aux tensions d’approvisionnement. Cette prévisibilité ne signifie toutefois pas que la pénurie se résorbe : la banque estime que Micron pourrait rester confronté à un déficit de mémoire jusqu’à l’année calendaire 2029.
DRAM et NAND resteraient déficitaires jusqu’en 2028
Les projections de Citi vont dans le même sens. La banque anticipe un déficit persistant sur les marchés DRAM et NAND jusqu’en 2028, avec un déséquilibre entre demande et offre culminant à 13,9 % pour la DRAM au quatrième trimestre 2027.
Pour la NAND, ce ratio atteindrait 8,3 % au premier trimestre 2028. La situation ne commencerait à s’atténuer que dans les mois suivants, ce qui place le pic de tension de la DRAM à la fin de 2027, avant une détente seulement progressive.
La demande en mémoire HBM destinée aux accélérateurs d’intelligence artificielle joue un rôle central. Sa dépendance aux capacités de production DRAM pousse les fabricants à privilégier ce segment, plus rémunérateur, au détriment d’autres catégories et contribue indirectement à resserrer aussi l’offre de NAND.
Réduire les spécifications, une réponse seulement temporaire
Face au manque de composants, certains concepteurs réduisent temporairement les capacités mémoire prévues pour leurs produits. Barclays considère ce « de-speccing » comme une mesure ponctuelle, tout en appelant à surveiller son éventuelle installation dans la durée.
Cette stratégie s’est récemment illustrée chez Tesla. Elon Musk avait indiqué que la capacité mémoire des puces AI5 avait d’abord été divisée par deux, avant d’être finalement portée à 96 Go afin d’éviter que ces composants ne se retrouvent au bas de l’échelle en matière de capacité.
La hausse plus rapide de la DDR4 traduit surtout la vulnérabilité des générations matures lorsque les producteurs réallouent leurs lignes vers la DDR5 et la HBM. Pour les plateformes encore dépendantes de la DDR4, le risque tient désormais autant à la disponibilité qu’au tarif, tandis que les arbitrages en faveur de l’IA pourraient prolonger cette pression bien au-delà d’un cycle classique de mémoire.
Source : Wccftech