
Les contraintes de production ne devraient pas pousser NVIDIA à sacrifier la mémoire de ses prochains accélérateurs. Le groupe privilégierait toujours des piles HBM4 à 12 couches, tandis que le prix moyen du marché pourrait bondir de 121 % en 2027.
NVIDIA Rubin resterait majoritairement en HBM4 12-Hi

Un rapport de DigiTimes, fondé sur les travaux de Counterpoint Research, indique que la majorité des produits Rubin conserveraient leur configuration initiale en HBM4 12-Hi. Cette projection nuance les informations évoquant un basculement de NVIDIA vers des piles 8-Hi, moins complexes à fabriquer et moins gourmandes en dies DRAM.
Les spécifications officielles de Rubin mentionnent déjà jusqu’à 288 Go de mémoire et 22 To/s de bande passante par GPU. Ces caractéristiques restent déterminantes pour les charges d’IA les plus exigeantes, pour lesquelles la capacité et les débits priment encore sur la réduction du coût mémoire.

Counterpoint Research précise également n’avoir trouvé aucune preuve d’une adoption de la HBM 4-Hi parmi les ASIC d’IA personnalisés. La réduction de la hauteur des piles ne semble donc pas constituer, à ce stade, une tendance générale du secteur.
Le format 8-Hi répondrait surtout aux contraintes industrielles
ZDNet Korea rapportait en août que NVIDIA avait demandé à Samsung Electronics et SK hynix d’augmenter leurs livraisons de HBM4 8-Hi au second semestre 2026. Les rendements de fabrication, la disponibilité des composants et la maîtrise thermique auraient motivé cette demande.
La HBM4 porte la largeur de son interface à 2 048 bits, soit deux fois celle de la HBM3E. L’empilement et le bonding de 12 dies DRAM ajoutent cependant des difficultés de production, avec un impact potentiel sur les rendements et les volumes disponibles.

Les deux scénarios ne sont pas incompatibles. NVIDIA pourrait accroître la part de HBM4 8-Hi sur certaines références tout en maintenant le 12-Hi sur la plupart des accélérateurs Rubin. L’entreprise n’a toutefois confirmé aucun changement dans sa stratégie d’approvisionnement, et les spécifications de la plateforme Rubin Ultra restent en cours d’évaluation.
La HBM4 8-Hi ne promet aucune baisse des prix
TrendForce estime que les produits HBM 8-Hi pourraient coûter 10 à 20 % plus cher par gigabit que leurs équivalents 12-Hi en 2027. Chaque pile nécessite un base die, dont le coût de fabrication doit être amorti sur seulement huit couches DRAM au lieu de douze.
Une pile plus courte permet néanmoins de répartir une quantité limitée de DRAM sur davantage d’accélérateurs. Le coût total de mémoire par GPU peut ainsi diminuer, même si le tarif au gigabit augmente.
TrendForce prévoit surtout une progression annuelle de 121 % du prix de vente moyen pondéré de la HBM en 2027. Cette hausse serait alimentée par la pénurie persistante, l’adoption croissante de la HBM4 haut de gamme et l’arrivée attendue de la HBM4E au second semestre.
Cette prévision reflète une évolution du mix produit et non une augmentation uniforme de 121 % pour chaque génération de HBM. Elle illustre néanmoins la tension durable entre les accélérateurs d’IA et la DRAM conventionnelle pour l’accès aux capacités de production, ce qui limite les chances d’une détente rapide des coûts.
Pour NVIDIA, conserver le 12-Hi sur Rubin revient à préserver la densité mémoire qui différencie ses systèmes, quitte à réserver le 8-Hi aux références où le rendement industriel prime. Le véritable arbitrage portera donc moins sur la technologie que sur la capacité de Samsung Electronics et SK hynix à livrer suffisamment de piles conformes aux exigences thermiques et de rendement.
Source : Wccftech