
La machine NVIDIA tourne désormais à une échelle difficile à comparer au reste de l’industrie. Avec 81,6 milliards de dollars de chiffre d’affaires sur un seul trimestre, soit environ 75,1 milliards d’euros à titre indicatif, le groupe confirme que l’infrastructure IA reste le vrai centre de gravité du marché.
NVIDIA résultats financiers : un trimestre hors norme
Pour son premier trimestre fiscal 2027, clos le 26 avril 2026, NVIDIA affiche un chiffre d’affaires record de 81,6 milliards de dollars, en hausse de 20 % par rapport au trimestre précédent et de 85 % sur un an. Les marges brutes atteignent 74,9 % en GAAP et 75,0 % en non-GAAP.

Le bénéfice par action dilué ressort à 2,39 dollars en GAAP et 1,87 dollar en non-GAAP. Jensen Huang parle d’une accélération de la construction des « AI factories » et insiste sur l’arrivée d’une IA agentique capable, selon lui, de produire de la valeur à grande échelle dans les entreprises.
Une nouvelle lecture de l’activité

NVIDIA change aussi sa présentation financière. Le groupe s’organisera désormais autour de deux plateformes : Data Center et Edge Computing. Dans le Data Center, deux sous-marchés apparaissent : Hyperscale, qui couvre les clouds publics et les plus grands acteurs Internet grand public, et ACIE, qui regroupe AI Clouds, industriel et entreprise.
La lecture devient plus claire quand on regarde ce que ce découpage remplace dans les faits : un bloc Data Center devenu trop vaste pour distinguer les moteurs de croissance. Sur ce terrain, les derniers comptes d’NVIDIA résultats exercice fiscal 2026 avaient déjà montré à quel point l’IA tirait l’essentiel du volume.
Avec l’ancien découpage, le calcul Data Center a généré 60,4 milliards de dollars, en hausse de 77 % sur un an et de 18 % sur un trimestre. Le networking Data Center atteint 14,8 milliards de dollars, avec une progression de 199 % sur un an et de 35 % séquentiellement.
Data Center en moteur, Edge Computing en expansion
Le Data Center reste de très loin la locomotive du groupe avec 75,2 milliards de dollars sur le trimestre, en hausse de 21 % par rapport au précédent et de 92 % sur un an. NVIDIA y a multiplié les annonces, dont la plateforme Vera Rubin, le CPU NVIDIA Vera présenté comme le premier processeur conçu spécifiquement pour l’IA agentique, ainsi que le NVIDIA BlueField-4 STX pour le stockage accéléré dans les AI factories.
Le groupe a aussi lancé en production NVIDIA Dynamo 1.0, un logiciel open source qui peut augmenter jusqu’à 7x les performances d’inférence générative et agentique sur GPU Blackwell. S’ajoutent les annonces autour de NemoClaw pour OpenClaw, OpenShell pour les agents autonomes avec contrôles de confidentialité et de sécurité, ainsi que l’Agent Toolkit open source destiné aux agents IA d’entreprise.

NVIDIA met aussi en avant ses nouveaux modèles Nemotron, BioNeMo et Ising, ainsi que le lancement de la Nemotron Coalition. Du côté des partenaires, Google Cloud prépare de nouvelles instances A5X motorisées par Vera Rubin et une préversion de modèles Gemini sur Google Distributed Cloud avec des GPU Blackwell et Blackwell Ultra. NVIDIA cite également Marvell pour NVLink Fusion et la photonique sur silicium, ainsi que des accords pluriannuels avec Coherent, Corning et Lumentum dans les optiques avancées. Le trimestre a aussi vu l’annonce de la RTX PRO 4500 Blackwell Server Edition.
L’activité Edge Computing a pour sa part généré 6,4 milliards de dollars, en hausse de 10 % sur un trimestre et de 29 % sur un an. Dans cette catégorie, NVIDIA range désormais les PC, consoles, stations de travail, stations de base AI-RAN, robotique et automobile.
Côté graphique, NVIDIA a lancé DLSS 4.5 Dynamic Multi Frame Generation et montré DLSS 5, présenté comme sa plus grosse avancée graphique depuis le ray tracing en 2018. Le groupe dit aussi avoir optimisé plusieurs modèles agentiques locaux, dont Gemma 4, Qwen, Mistral et NVIDIA Nemotron pour les GPU RTX et les appareils edge.
Sur l’automobile et la robotique, NVIDIA mentionne Alpamayo 1.5, Omniverse NuRec, l’extension des partenariats avec Hyundai Motor Company, Kia et Uber, ainsi que l’adoption de la plateforme DRIVE Hyperion par BYD, Geely, Isuzu et Nissan pour des véhicules prêts pour le niveau 4. Le groupe a aussi dévoilé Halos OS, de nouveaux modèles Cosmos et Isaac GR00T N, de nouveaux frameworks de simulation Isaac, ainsi que la disponibilité générale de IGX Thor. Dans les télécoms, NVIDIA cite une collaboration avec T-Mobile et Nokia, et une initiative avec plusieurs acteurs mondiaux autour de réseaux 6G bâtis sur des plateformes IA natives, ouvertes et sécurisées.
Prévisions, dividende et rachats massifs
Pour le deuxième trimestre fiscal 2027, NVIDIA vise 91,0 milliards de dollars de chiffre d’affaires, avec une variation possible de plus ou moins 2 %, soit environ 83,7 milliards d’euros. Le groupe précise que cette prévision n’intègre aucune contribution du Data Center compute en Chine.
Les marges brutes attendues sont de 74,9 % en GAAP et 75,0 % en non-GAAP, avec une tolérance de 50 points de base. Les dépenses opérationnelles devraient atteindre environ 8,5 milliards de dollars en GAAP et 8,3 milliards en non-GAAP. Sur l’ensemble de l’exercice 2027, NVIDIA anticipe un taux d’imposition GAAP et non-GAAP compris entre 16,0 % et 18,0 %, hors éléments exceptionnels et changement matériel de l’environnement fiscal.
Le trimestre a aussi été marqué par un retour record d’environ 20,0 milliards de dollars aux actionnaires via rachats d’actions et dividendes en numéraire. À la fin du trimestre, 38,5 milliards de dollars restaient disponibles dans le programme de rachat. Le 18 mai 2026, le conseil d’administration a approuvé 80,0 milliards de dollars additionnels, sans date d’expiration.
Le dividende trimestriel passe de 0,01 dollar à 0,25 dollar par action ordinaire. Il sera versé le 26 juin 2026 aux actionnaires enregistrés au 4 juin 2026.










Au-delà des chiffres, ce trimestre montre surtout que NVIDIA n’est plus seulement un fournisseur de GPU pour centres de données. Le groupe restructure déjà son discours autour d’un binôme Data Center et Edge Computing pour refléter un marché où l’IA s’étend du cloud jusqu’aux PC, aux réseaux télécoms, à la robotique et à l’automobile. À ce niveau de revenus, la question n’est plus de savoir si l’IA soutient la croissance de NVIDIA, mais jusqu’où l’écosystème peut encore absorber son rythme.
Source : TechPowerUp