
La chaîne d’approvisionnement mémoire reste sous tension, au point de pousser Washington à réclamer davantage qu’un simple engagement politique. Dans le viseur, la dépendance américaine à une production de DRAM largement concentrée en Corée du Sud.
La mémoire DRAM au cœur des discussions entre Washington et Séoul
Le gouvernement américain serait en discussion avec celui de la Corée du Sud pour obtenir un investissement massif dans une production locale de mémoire sur le sol américain. L’objectif est clair : renforcer la capacité industrielle domestique alors que l’essentiel de la production mondiale de DRAM provient de groupes sud-coréens comme SK hynix et Samsung.
D’après le rapport évoqué par Chosun, l’administration Trump ferait pression pour que les fabricants coréens de mémoire s’engagent davantage dans des fabs DRAM aux États-Unis. Une telle implantation ne réglerait pas immédiatement les tensions d’approvisionnement, mais elle améliorerait à terme la résilience de la chaîne logistique américaine sur un segment stratégique.
Des milliards supplémentaires en plus du plan à 350 milliards de dollars
Le point sensible, côté américain, serait le niveau jugé insuffisant des investissements déjà réalisés par les groupes coréens aux États-Unis, ainsi que les retards pris sur des extensions pourtant promises. Le nouveau volet discuté serait distinct de l’enveloppe de 350 milliards de dollars, soit environ 322 milliards d’euros à titre indicatif, actée l’an dernier entre les deux parties.
Il serait donc question d’un nouveau programme de construction, lui aussi chiffré en milliards de dollars. Une annonce est attendue en septembre, soit à très court terme, ce qui devrait permettre de voir comment Samsung et SK hynix comptent structurer leurs futurs investissements américains.
Une montée en charge qui prendra encore des années
Les présidents de SK Group et de Samsung feraient aussi face à une pression croissante sur le rythme de déploiement des fabs et prévoiraient d’échanger avec le président américain sur l’équilibre à trouver dans cette expansion. Mais même en cas d’accord rapide, une usine DRAM moderne exige encore des années de préparation : étude des sols, autorisations, construction, installation des salles blanches et acquisition des équipements de production.
Autrement dit, même avec un accord signé dans les prochains jours, l’écart entre l’offre et la demande devrait persister pendant plusieurs années. Pour le marché, cela rappelle surtout qu’en mémoire, la souveraineté industrielle se négocie vite, mais se construit lentement.
Source : Chosun