Le processeur Zhaoxin apparaît dans le RG-CT7800

La Chine est presque entièrement dépendante de l’industrie américaine pour les semi-conducteurs et les processeurs. C’est une dépendance dont la Chine est consciente et qu’elle souhaite briser. Cette volonté d’indépendance se matérialise sous de nombreuses formes. Pour les processeurs de serveur, la première solution est Hygon. C’est une version sous licence produite localement de EPYC d’AMD. Pour les processeurs de bureau, l’un des produits fabriqués dans le pays est la famille de processeurs Zhaoxin Kaixin (voir nos articles précédents). L’un de ces processeurs de bureau a donc finalement été repéré dans un PC disponible dans le commerce, le RG-CT7800 de Ruijie Networks.

À bien des égards, le RG-CT7800 est un PC banal qui ressemble aux PCs de la famille Intel NUC. La puce Zhaoxin KaiXian KX-U6780A est à 2.7 GHz. Le PC a en outre deux emplacements DDR4, un USB 2.0 et un SSD de 256 Go. Rien de remarquable en soi. Le RG-CT7800 gère le système d’exploitation domestique UOS (Unity Operating System) et NeoKylin de la Chine. Ruijie annonce sa compatibilité avec les suites bureautiques cloud locales telles que Yongzhong Office.

Selon GeekBench, le Zhaoxin KX-U6780A arrive à un score de 1910 sur un noyau unique et un 8670 sur un score multi-core. C’est à peu près comparable à un Intel Atom haut de gamme moderne ou à un Intel Core i5-3550U à quatre cœurs de l’ère 2012.

Quel objectif pour la Chine ?

Cependant, là où cela devient intéressant, c’est comment cela s’intègre dans le plan “3-5-2” de la Chine. L’objectif est en effet de sevrer le secteur public chinois de la technologie étrangère. À la fin de 2020, 30% de l’infrastructure technologique doit être domestique. A la fin de 2021, ce nombre passera à 50%, tandis que les 20% restants devront être remplacés d’ici la fin de 2022. Le RG-CT7800 – bien que techniquement banal – sera donc parfait dans la machine pour ce plan. Il sera en effet sur les bureaux de nombreux employés de bureau chinois dans le secteur public ou dans les entreprises d’État.

Malgré les efforts de la Chine pour se débarrasser de la technologie étrangère, il y a une légère ironie dans tout cela. En effet, le cœur de la pièce maîtresse de Ruijie du futur informatique domestique chinois, vient de Taïwan. L’architecture de la puce est le produit d’une joint-venture avec la technologie VIA de Taiwan. Enfin, le silicium est fabriqué sur un nœud de processus de 16 nm de TSMC !

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