
Le cap industriel que tout le monde attendait autour du 18A semble enfin franchi. Pour Intel, cela change tout : un nœud technologiquement ambitieux ne vaut vraiment que lorsqu’il devient tenable en volume et en coût.
Intel 18A atteint un niveau de rendement jugé viable
D’après BlueFin Research Partners, Intel aurait résolu les problèmes de rendement qui touchaient son nœud Intel 18A ces derniers mois. Le point important n’est pas seulement technique : la production en grand volume serait désormais soutenable à la fois du point de vue du yield et de l’économie de fabrication.
Fin 2024, Intel indiquait déjà que les rendements du 18A progressaient d’environ 7 % par mois sur plusieurs mois. Cette dynamique se serait poursuivie jusqu’au lancement du premier produit 18A, Panther Lake, pour aboutir aujourd’hui à une situation où les soucis de rendement seraient considérés comme réglés.
La suite se joue déjà sur les déclinaisons du procédé, avec le futur Intel 18A-P pour les Xeon Diamond Rapids, tandis que le 14A commence lui aussi à esquisser la prochaine étape industrielle.
Pour un nœud arrivé à maturité, cela renvoie généralement à un taux de défauts D0 de 0,1 ou 0,2. Le rapport laisse entendre qu’Intel se situerait désormais vers le bas de cette fourchette, après plusieurs mois de production 18A à haut volume et divers ajustements sur le procédé.
Deux sites actifs et 30 000 wafers par mois
La production 18A est actuellement répartie entre deux sites : la Fab 52 à Phoenix, en Arizona, et une autre implantation à Hillsboro, dans l’Oregon. Ensemble, ces usines produiraient environ 30 000 wafers par mois en 18A.
Cette capacité suffit pour les besoins internes immédiats d’Intel, notamment pour les processeurs Panther Lake. En revanche, elle devra encore augmenter pour absorber d’autres produits maison à venir.
18A-P et 14A préparent déjà la suite
Montée en charge et feuille de route fonderie
Sur les déclinaisons suivantes, Intel a déjà lancé la risk production du 18A-P sur le site D1X, dans l’Oregon. À terme, le nœud 18A-P doit être transféré vers la Fab 62 pour une production de masse durable.
Les premiers résultats d’échantillonnage du 14A sont également décrits comme encourageants. Intel prévoit d’utiliser D1X pour l’amorçage de la production à haut volume, puis les sites de l’Ohio comme second pôle industriel pour le 14A.
Pour les clients externes de son activité foundry, l’offre se concentrerait surtout sur les nœuds 18A-P, 18A-PT et le futur 14A. Ce dernier entrerait en risk production en 2028, avant une production en volume prévue pour 2029.
Si ces chiffres se confirment, Intel ne règle pas seulement un problème de procédé : il se donne enfin une base crédible pour Panther Lake et, surtout, pour son discours de fondeur face à TSMC. À ce niveau, la vraie question n’est plus l’existence du 18A, mais la vitesse à laquelle Intel pourra étendre sa capacité sans dégrader ce rendement fraîchement stabilisé.
Source : TechPowerUp