
Trois heures lui auraient suffi pour produire son premier jeu de football avec un agent IA. La démonstration de Brandon Stirrup a surtout déclenché une controverse telle que le cadre de Xbox a désactivé son compte X moins de 24 heures plus tard.
L’IA dans le jeu vidéo, un avenir déjà incontournable ?

Brandon Stirrup, senior business strategy manager chez Xbox, affirme avoir « vibe codé » ce prototype en environ trois heures de travail actif, alors qu’il n’avait encore jamais développé de jeu. Un agent IA se serait chargé de tester le projet et de procéder aux itérations.
Sur X, le cadre a estimé que les studios qui ne construisent pas leur stratégie autour de l’IA « planifient pour un futur fictif ». Il s’est également dit prêt à en subir personnellement les conséquences si cela permettait à des centaines de salariés de Xbox de cesser de prétendre qu’ils n’utilisent pas ces outils.
Stirrup soutenait qu’un simple prompt permet désormais de créer un jeu, y compris une expérience personnalisée. À ses yeux, l’industrie vidéoludique ralentit volontairement cette transition en raison de l’hostilité du public, tandis que ses dirigeants évitent d’évoquer ouvertement des usages déjà réels.
Un compte fermé face à l’afflux de réactions
Les réponses se sont rapidement accumulées et son compte X a disparu moins d’une journée après la publication. D’après PC Gamer, qui cite une source chez Xbox, Brandon Stirrup l’a désactivé en raison du volume de réactions reçues.
Microsoft n’a pas commenté l’affaire. Rien n’indique à ce stade que ces déclarations reflètent la position officielle de Xbox : leur ton et leur publication depuis un compte personnel les apparentent davantage à une prise de position individuelle.
Xbox avance sur l’IA, mais soigne son discours
Le calendrier donne néanmoins du relief à cette sortie. Asha Sharma, CEO de Microsoft Gaming, a récemment défendu l’adoption de l’IA tout en rejetant le « contenu IA sans âme ». La semaine dernière, Xbox a aussi officialisé Xbox Labs, une petite équipe chargée d’explorer notamment des expérimentations fondées sur l’intelligence artificielle.
Une large partie des développeurs reste ouvertement sceptique envers l’IA générative appliquée aux jeux. Le prototype de Stirrup illustre sa capacité à accélérer le prototypage, mais il ne démontre ni la viabilité d’une production commerciale complète, ni la qualité créative, technique et juridique attendue d’un titre publié à grande échelle. La fracture porte donc moins sur l’existence de ces outils que sur la portée que les studios veulent leur accorder et sur la transparence de leurs usages.
Source : PC Gamer