
Selon The Information, le marché de l’IA générative continue de se concentrer à un rythme inédit : sur un panel de 34 sociétés étudiées, OpenAI et Anthropic capteraient à elles seules environ 89 % des revenus annualisés. L’ensemble du groupe approche désormais 80 milliards de dollars de revenus annualisés, en hausse de 112 % en six mois.
OpenAI–Anthropic, un duopole qui s’installe
Malgré des méthodes de comptabilisation différentes, l’écart se creuse. Anthropic reconnaît une partie de son chiffre d’affaires en brut via ses partenaires cloud, notamment Amazon et Google. OpenAI, de son côté, doit partager 20 % de ses revenus avec Microsoft jusqu’en 2030, ce qui pourrait représenter environ 6 milliards de dollars versés cette année.
Les dernières indications publiques confirment l’accélération. D’après le Wall Street Journal, Anthropic viserait 5 milliards de dollars de revenus annualisés d’ici fin juin, contre près de 1 milliard début 2026 et plus de 3 milliards en avril. OpenAI avait indiqué fin mars un rythme de 2 milliards de dollars par mois, soit environ 24 milliards annualisés, tout en précisant que l’extrapolation mensuelle restait imparfaite.
L’application grimpe, la dépendance aussi
En aval, plusieurs acteurs applicatifs franchissent des paliers. Depuis décembre 2025, Perplexity, ElevenLabs et Cognition dépassent chacun 500 millions de dollars de ventes annualisées, tout comme Cursor. Mais cette traction s’accompagne de coûts d’inférence élevés : The Information estime que ces éditeurs reversent collectivement plusieurs milliards de dollars par an à OpenAI et Anthropic pour l’accès aux modèles, compromettant la marge et renforçant la dépendance au duopole.
Le panel étudié comprend notamment OpenAI, Anthropic, Cursor, Cognition, ElevenLabs, Abridge, Ambience Healthcare, Clay, Cohere, Crescendo, Decagon, EliseAI, EvenUp, Gamma, Genspark, Glen, Harness, Harvey, HeyGen, Higgsfield, Legora, Lovable, Midjourney, Mistral, OpenEvidence, Perplexity, Replit, Runway, Sierra, Stackblitz, Suno, Synthesia, Writer et xAI.
Ce que cela implique pour l’écosystème
La concentration des revenus autour de deux fournisseurs de modèles accentue un verrouillage technologique et financier sur la chaîne de valeur. Tant que les coûts d’inférence resteront dictés par quelques acteurs intégrés au cloud, la différenciation des apps passera moins par le front produit que par l’accès privilégié aux modèles, des optimisations d’infrastructure et, in fine, la capacité à négocier la facture GPU. Les challengers open source et les modèles européens comme Mistral ont un espace, mais devront prouver des gains TCO tangibles pour desserrer l’étau économique d’OpenAI et d’Anthropic.
La concentration observée ici ne se joue pas seulement sur les revenus, mais aussi sur la puissance financière que ces succès autorisent. C’est ce qui rend éclairante la lecture d’un tour de table visant une valorisation d’Anthropic très au-dessus des standards du secteur, avec le cloud en toile de fond, tant l’accès au calcul devient un levier de domination.
Source : ITHome