
Une nouvelle série de séquences non officielles autour de GTA VI a ravivé un vieux cauchemar pour Rockstar. En l’espace de cinq jours, Take-Two aurait vu s’évaporer 2,83 milliards de dollars de capitalisation boursière, soit environ 2,6 milliards d’euros à titre indicatif.
GTA VI au cœur d’une nouvelle fuite massive
Durant la semaine du 17 août, plusieurs fuites ont circulé en ligne avec, cette fois, du contenu présenté comme issu de builds récentes du jeu. L’auteur de ces publications, qui opère sous le nom de Cyberleek, affirme disposer d’un accès direct à une version préliminaire jouable.

Les contenus évoqués vont au-delà de simples captures isolées. On y trouve des interactions avec les PNJ, la carte complète du jeu, mais aussi des extraits montrant du gameplay et certaines mécaniques en fonctionnement dans une version non finalisée.
Take-Two Interactive a entrepris de faire retirer ces publications via des notifications DMCA. Cette réaction ne suffit pas à authentifier formellement les éléments diffusés, mais elle renforce clairement l’idée que le matériel publié est pris au sérieux par l’éditeur.
Take-Two recule en Bourse après les publications
D’après les données de Yahoo! Finance reprises par la source, le titre Take-Two a perdu environ 15,29 dollars par action par rapport au lundi précédant les premières fuites. Sur les cinq jours observés avant publication, cela représente un recul de 2,54 % et une perte de 2,83 milliards de dollars de valorisation.
Il faut évidemment rester prudent sur le lien de causalité strict entre les fuites et l’évolution du titre en Bourse. En revanche, le calendrier est suffisamment resserré pour que l’affaire soit désormais observée comme un risque réputationnel et financier réel autour du lancement du jeu le plus attendu de l’industrie.
Cyberleek revendique une offensive contre les pratiques jugées anti-consommateur
Au-delà de la fuite elle-même, Cyberleek accompagne ses publications d’un manifeste explicitement dirigé contre les grands éditeurs. Le groupe ou l’individu met en avant trois « commandements » : la fin des précommandes numériques, l’arrêt des faux DLC solo débloquant du contenu déjà présent dans les fichiers du jeu, et la préservation du contenu solo via un mode hors ligne final quand les serveurs ferment.
Un discours militant, mais une méthode qui expose surtout Rockstar
Le texte cite notamment les licences numériques vendues comme des achats, les jeux lancés inachevés puis requalifiés en services, ou encore le cas de The Crew chez Ubisoft, utilisé ici comme exemple d’un contenu solo devenu inutilisable après extinction des serveurs. Cyberleek affirme aussi lever des fonds pour un « projet secret » et promet de poursuivre ses actions tant qu’aucun engagement public n’est pris par les éditeurs visés.
Le paradoxe est évident : le discours se veut pro-consommateur, mais la méthode consiste à diffuser du matériel potentiellement sensible d’un jeu en développement. Pour Take-Two, l’enjeu dépasse donc le simple retrait de vidéos : il s’agit aussi d’éviter que la communication autour de GTA VI soit dictée par des acteurs externes, à un moment où chaque extrait alimente la spéculation sur le produit final.
Source : Cyberleek