
La chasse aux prétendues versions jouables de GTA VI a déjà produit son premier piège massif. Un fichier présenté comme un build utilisable du jeu circulait en ligne, mais l’ISO de 113 Go ne servait en réalité qu’à emballer un malware minuscule.
GTA VI, 113 Go de vide pour masquer 50 Ko malveillants
Le contexte n’aide évidemment pas. Après une semaine marquée par de nouvelles fuites attribuées à Cyberleek, certains comptes ont commencé à relayer l’existence d’un supposé build jouable de GTA VI, présenté comme la même version utilisée pour les leaks récents.
L’affaire a rapidement été démontée par l’utilisateur @Aidas29506493 sur X, qui a décompilé et rétroconçu les fichiers pour vérifier leur contenu. Son constat est simple : le faux jeu contient un virus d’environ 50 Ko, noyé dans plus de 100 Go de code vide, essentiellement une succession de zéros destinée à donner l’illusion d’un vrai package.

Un installateur conçu pour neutraliser la protection de Windows
Le point le plus préoccupant ne tient pas à la taille du fichier, mais à son comportement. D’après l’analyse partagée, l’installateur exécute une commande PowerShell pour ajouter l’ensemble du lecteur C: aux exclusions de Windows Defender via Add-MpPreference -ExclusionPath %SystemDrive%.
Le bytecode décompilé mentionne aussi des commandes de type taskkill -f, utilisées pour forcer l’arrêt de logiciels de sécurité. Une fois Defender neutralisé sur tout le disque système, le malware peut théoriquement s’exécuter avec beaucoup moins de friction sur une machine qui ne dispose pas d’un autre antivirus.
Des fichiers recyclés pour rendre l’arnaque crédible
D’autres utilisateurs ont depuis confirmé ces conclusions en inspectant les fichiers sans les lancer ni les installer. Ils ont relevé la présence de fichiers .doi provenant d’un autre repack signé DODI, ainsi que quelques assets issus d’une fuite de 2023 autour de GTA VI.
Un autre détail cité sur X : le programme d’installation pèserait environ 1 Go, apparemment pour tenter de mieux passer certains contrôles automatisés comme VirusTotal. Le reste n’est qu’habillage, avec 99,99 % de données inutiles pour faire croire à un build complet.
Ce type de faux leak est presque inévitable autour d’un jeu aussi exposé, surtout après l’impact financier attribué aux précédentes fuites, estimé à 2 milliards de dollars, soit environ 1,85 milliard d’euros. Pour les joueurs PC, la règle reste la même : toute prétendue version jouable de GTA VI diffusée hors canal officiel doit être considérée comme compromise jusqu’à preuve du contraire.
Ce n’est pas la première fois que les fuites autour de GTA VI font vaciller Take-Two, et ce nouvel emballage malveillant rappelle à quel point les faux builds savent exploiter l’attente.
Source : Aidas29506493 on X