
La bataille des CPU serveurs se durcit encore d’un cran. AMD s’attaque cette fois frontalement à NVIDIA avec des chiffres très ambitieux pour EPYC Venice, mais la comparaison demande une vraie lecture entre les lignes.
EPYC Venice face à Vera, des écarts spectaculaires sur le papier

Dans un livre blanc consacré à ses processeurs serveur EPYC 9006 de 6e génération, AMD affirme que l’EPYC 9996 à 256 cœurs atteint 2,24 fois les performances d’une plateforme NVIDIA Vera à 88 cœurs dans le test SPECrate 2026 Integer, au niveau système.
AMD avance aussi qu’une variante Venice à 96 cœurs et haute fréquence serait 1,2 fois plus rapide par cœur. Ce modèle 96 cœurs correspond en réalité à un EPYC 9996 avec une partie de ses cœurs désactivée.
Face à l’Intel Xeon 6980P, les écarts annoncés vont de 2,4x à 3,7x sur des charges Java côté serveur, OpenSSL, MongoDB, Redis, NGINX et le transaction processing. AMD évoque aussi jusqu’à 3,13x en HPC, notamment sur GROMACS.

Des résultats à lire avec prudence
Ces chiffres viennent directement d’AMD, tandis que les données de Vera proviennent du propre livre blanc de NVIDIA. Ni AMD ni NVIDIA ne peuvent encore publier de résultats SPEC officiels, ce qui signifie que l’ensemble de ces mesures reste estimatif.
La comparaison la plus mise en avant oppose un processeur de 256 cœurs et 512 threads à un système Vera de 88 cœurs et 176 threads. Difficile, dans ces conditions, de parler d’un face-à-face strictement équivalent.
Un protocole pas totalement homogène
Autre point relevé, notamment par Tom’s Hardware : les sous-tests ont été exécutés avec GCC 16.1 côté AMD, contre GCC 15.2 pour NVIDIA. Ce n’est pas la meilleure pratique pour une comparaison propre, surtout à ce niveau de performance où l’optimisation logicielle peut peser lourd.
AMD précise néanmoins que Venice est déjà en production, que les principales plateformes OEM sont en approche et que les premiers déploiements chez les fournisseurs cloud doivent démarrer plus tard dans l’année. La hiérarchie réelle ne sera sans doute claire qu’une fois les deux puces testées sur un même banc, dans des conditions indépendantes.
Ce document montre surtout qu’AMD considère désormais NVIDIA comme un rival direct sur le CPU serveur, et plus seulement sur l’accélération IA. Reste à voir si cette offensive tiendra face à des mesures tierces, car dans le datacenter, les écarts spectaculaires des livres blancs survivent rarement intacts aux validations terrain.
Source : AMD