
Le nom choisi pour l’une des plus grosses ambitions industrielles d’Elon Musk finit déjà devant un juge fédéral. À peine lancé, Terafab se retrouve au centre d’un bras de fer juridique qui pourrait compliquer la communication autour du projet.
Terafab au cœur d’une action en justice préventive

Tesla, SpaceX et SpaceXAI ont saisi le 15 septembre le tribunal fédéral du district ouest du Texas pour obtenir un jugement déclaratoire. Leur demande est simple sur le principe : faire constater que l’usage de Terafab n’enfreint pas la marque « Tera-Fab » revendiquée par Tera-print, une société de nanotechnologie basée dans l’Illinois.
Cette marque couvre un système de photolithographie de bureau destiné aux chercheurs. Tera-print avait envoyé une mise en demeure le 23 mai, soit quelques jours après le dépôt, le 18 mai, des propres demandes de marque de Tesla pour Terafab.
Six réunions de règlement ont ensuite eu lieu entre juin et août, sans déboucher sur un accord. Tera-print indique de son côté qu’elle défendra ses droits.

Deux lectures opposées du dossier
À ce stade, rien n’a été tranché et les affirmations restent celles des parties. Tesla et SpaceX mettent en avant une autre demande déposée par Tera-print le 22 mai, cette fois pour des produits liés aux semi-conducteurs, et jugent ce calendrier opportuniste. C’est leur lecture du dossier, pas une conclusion judiciaire.
Les sociétés de Musk soutiennent aussi que les deux acteurs n’évoluent pas sur les mêmes segments produits, ce qui limiterait le risque de confusion. L’enjeu n’est donc pas seulement nominal : il touche directement au périmètre industriel que chaque camp estime pouvoir revendiquer.
Un projet massif déjà bien engagé
Musk avait présenté Terafab en mars comme une usine de puces dédiée au calcul IA. Intel a rejoint le projet en avril, même si son rôle exact n’a toujours pas été précisé.
Des documents déposés en mai évoquaient un coût pouvant grimper jusqu’à 119 milliards de dollars, soit environ 111 milliards d’euros, sur l’ensemble des phases. En août, les entreprises ont confirmé un site à Grimes County, au Texas, avec une première phase chiffrée à 16,8 milliards de dollars, soit environ 15,7 milliards d’euros.

Ce contentieux arrive tôt, mais il rappelle surtout un point classique dans les semi-conducteurs : à mesure que les projets montent en échelle, le nom devient lui aussi un actif industriel. Quand une usine potentiellement valorisée à plus de 100 milliards de dollars entre en scène, même une bataille de marque prend immédiatement une dimension stratégique.
Source : PCMag