
Les gains se jouent désormais à des écarts infimes, et c’est justement là que Thermal Grizzly va chercher ses nouvelles marges. Avec Duronaut Pro et Hydronaut Pro, la marque ne change pas la recette de fond, mais affine deux profils très ciblés : la stabilité dans le temps d’un côté, l’intégration industrielle de l’autre.
Dans la même logique de refroidissement de précision, Thermal Grizzly applique aussi cette montée en gamme à ses waterblocks CPU, avec des microfins et un filtre intégré pensés pour optimiser l’échange thermique, preuve que la marque affine désormais chaque maillon de la chaîne de dissipation.
Deux déclinaisons Pro pour des besoins bien distincts

Par rapport aux versions non Pro, Duronaut Pro et Hydronaut Pro annoncent une conductivité thermique en hausse, tout en conservant les exigences spécifiques de leurs prédécesseurs. La première a été développée autour d’une stabilité à long terme particulièrement élevée. La seconde mise sur une structure porteuse sans silicone afin de pouvoir être utilisée comme pâte thermique dans des systèmes industriels.
Thermal Grizzly précise que les écarts de température relevés en laboratoire face aux versions standard paraissent modestes à première vue. Mais dans une catégorie où les marges de progression sont désormais très réduites, ces gains restent jugés significatifs par le constructeur.
La méthode de mesure retenue s’appuie sur un delta de température en kelvins entre la source de chaleur et le refroidisseur, plutôt qu’une simple valeur exprimée en W/(m × K). Le protocole évoque une surface de contact de 30 x 30 mm, un flux thermique de 240 watts et une pression de contact de 300 N, soit 48 PSI. Plus la valeur est basse, meilleure est la conductivité thermique.

Duronaut Pro : priorité à la tenue dans le temps
Sur Duronaut Pro, Thermal Grizzly insiste autant sur la performance thermique que sur la durabilité. Le nom Duronaut dérive d’ailleurs de l’anglais durability. Cette stabilité à long terme repose sur une huile de silicone spécifiquement développée, associée à un mélange de micropoudre d’aluminium et de nanopoudre d’oxyde de zinc sous différentes formes.
La marque explique avoir optimisé la forme et la taille des particules pour limiter l’effet de pump-out, c’est-à-dire l’expulsion progressive de la pâte hors de la zone de contact. Ce travail doit aussi favoriser une très bonne adhérence aux surfaces et une application en couche très fine, avec à la clé une résistance thermique de contact particulièrement basse.

Les caractéristiques mises en avant sont claires : stabilité extrême à long terme, excellente conductivité thermique, absence de conductivité électrique et aucun temps de cure.
Hydronaut Pro vise aussi l’industrie
Hydronaut Pro se distingue surtout par sa structure porteuse sans silicone. Dans de nombreuses pâtes thermiques, des huiles à base de silicone, notamment des siloxanes, servent de fluide porteur ou entrent dans la matrice. Sous contrainte thermique, en particulier lors des cycles de température, cela peut entraîner des phénomènes de séparation, de suintement ou de déplacement de la pâte hors de la zone de contact.
Les fluctuations thermiques répétées, ainsi que les micro-mouvements entre l’IHS du CPU et la base du ventirad, peuvent accentuer cet effet de pump-out. Dans un PC grand public, le phénomène reste généralement peu critique. En environnement industriel, en revanche, la fuite d’huile siliconée peut devenir problématique, notamment en présence de matériaux ou de joints comme certains EPDM ou NBR, potentiellement incompatibles avec ces huiles et susceptibles de gonfler ou de voir leurs propriétés évoluer.
Thermal Grizzly ajoute que le produit est conforme RoHS et pensé comme un matériau d’interface thermique facile à appliquer pour les usages exigeants. Les points clés avancés sont les suivants : compatibilité avec les applications industrielles, conductivité thermique élevée, absence de cure, formulation sans silicone et non-conductivité électrique.
Cette évolution illustre bien l’état actuel du marché des pâtes thermiques haut de gamme : les écarts bruts en température deviennent faibles, mais la vraie différenciation se déplace vers la stabilité mécanique, le comportement sur la durée et la compatibilité matière. Pour les configurations PC classiques, l’intérêt sera surtout du côté de Duronaut Pro. Pour les intégrateurs et certains environnements contraints, Hydronaut Pro semble nettement plus stratégique.
Source : TechPowerUp