
Le 27 juillet 2006 a marqué la fin de l’ère Pentium 4 comme vitrine technique d’Intel. Avec Conroe en 65 nm, des puces à moins de 3 GHz ont remis en cause la course aux fréquences et repris l’avantage face à AMD.
Core 2 Duo enterre NetBurst
La première vague desktop comprenait les Core 2 Duo E6300, E6400, E6600 et E6700. Intel lançait aussi le Core 2 Extreme X6800, cadencé à 2,93 GHz avec 4 Mo de cache L2 partagé.
Ces processeurs étaient gravés en 65 nm et totalisaient 291 millions de transistors. Conroe rompait avec NetBurst : pipeline plus court, IPC en hausse, prédiction de branchement améliorée et cache partagé accessible par les deux cœurs.
Intel avançait jusqu’à 40 % de performances en plus avec plus de 40 % de consommation en moins face à ses générations précédentes. Le cas du E6300 à 1,86 GHz a surtout illustré le changement de cap, cette référence pouvant dépasser certains Pentium Extreme Edition pourtant bien plus élevés en fréquence.
Le retour d’Intel face à AMD
Ce lancement a mis fin à l’avance acquise par AMD avec les Athlon 64 et Athlon 64 X2. Très vite, Core 2 Duo est devenu la base de référence pour le jeu et les configurations desktop hautes performances.
AMD a ensuite eu besoin de plusieurs générations pour revenir à un niveau comparable. Intel a prolongé cette dynamique début 2007 avec les Core 2 Quad, qui assemblaient deux dies double cœur dans un même package afin d’apporter quatre cœurs au desktop sans nouvelle architecture.
Pour mesurer à quel point Intel a déplacé le débat vers l’efficacité, le Core i5-12600K face au Ryzen 5 5600X offre un bon point de comparaison avec une autre génération charnière.
Une base technique qui a duré jusqu’à Nehalem
Core 2 a ensuite servi de fondation à plusieurs générations de processeurs Intel avant l’arrivée de Nehalem en 2008. Intel a conservé l’avantage sur les performances desktop pendant l’essentiel de la décennie suivante, jusqu’au retour d’AMD avec Ryzen, puis au redressement encore plus net porté par les Ryzen 3000 basés sur Zen 2.
L’importance de Conroe tient moins à sa longévité commerciale qu’à ce qu’il a imposé au marché : la fréquence n’était plus l’indicateur central, l’efficacité par cycle redevenait prioritaire. Vingt ans après, cette bascule reste l’un des changements les plus nets de l’histoire récente du CPU desktop.
Source : Tom’s Hardware